Comment dire ?

J’ai beaucoup parlé d’objectivation pendant les quinze derniers jours de ce voyage. Encore hier, avec plusieurs formateurs des IUFM du Pôle Sud-Ouest, la journée de formation s’est terminée sur cette note. Pourtant, quand vient le temps de nommer mes propres apprentissages lors de ce voyage, je suis obligé d’admettre en débutant ici ma démarche d’écriture que je ne sais pas sur quoi mettre l’accent. Je sais que le fait d’entreprendre la rédaction de ce billet m’aidera « à dire », par contre. Allons-y…
« Reconnaissance » doit être le premier mot à prononcer. Je regarde la façon dont les gens m’ont reçu et vraiment, je ne peux demander plus. Les gens de Poitiers ont été des hôtes extraordinaires. D’abord, ils m’ont constamment aidé à préparer des interventions de qualité. Avant d’arriver, peu de temps avant les formations et pendant celles-ci, un souci de s’interroger véritablement sur les pratiques était palpable. Pour que les participants puissent profiter des moments qui nous étaient donnés, nous avons échangé abondamment sur le rôle des technologies dans les apprentissages, sur les stratégies à mettre en oeuvre pour collaborer davantage et sur mes expériences; j’ai senti à chaque fois une complicité productive. Plusieurs personnes avec qui je corresponds virtuellement la plupart du temps m’ont offert de leur temps sachant que je devais saisir les occasions offertes pour toucher vraiment les éducateurs en cause. Ils m’ont dirigé vers des livres, des ressources pouvant m’aider à mieux mettre en contexte mes propos. Ils m’ont bien renseigné sur l’état de la situation en France et des prochains pas à faire de leur point de vue pour faire avancer les choses. Et surtout, ils m’ont donné leur confiance, en me disant « les vrais affaires »… pas celles que je voulais entendre, mais celles qui m’aideraient à bien faire mon travail!
Tout ça pour dire que je connais encore un peu mieux le fait français et les efforts des gens pour fournir des services de qualité en matière d’éducation. J’apprécie (dans le sens de mesurer) plus exactement la complexité du cadre dans lequel ils oeuvrent, les lieux de pouvoir, les fenêtres qui offrent de réelles opportunités d’interventions et les contraintes qui limitent la vitesse avec laquelle on peut souhaiter que ça évolue. Je situe un peu mieux les défis de l’éducation Nationale face au déploiement des mécanismes de certification en matière de maîtrise des compétences TICE à tous les niveaux. Je crois vraiment que derrière la complexité « de la machine » se révèle une société responsable et ouverte qui tente de faire pour le mieux même si le « franco-français » prend le dessus inévitablement, avec tout ce que ça veut dire de débats, d’hésitations et de convictions. Au demeurant, je crois avoir tiré mon épingle du jeu au contact des gens qui m’ont été présentés. Je crois les avoir écoutés; au moins autant que je leur ai partagé mes convictions. J’ai le sentiment de leur avoir apporté de quoi continuer leur réflexion. Et comme d’habitude, j’ai bien plus reçu que j’ai donné.
Je reviens au Québec continuer ma pratique de formateur, de consultant et de « coach » enrichi d’une meilleure vision de ce que peut apporter les nouvelles technologies aux apprentissages. J’ai beaucoup parlé de comment je me devais de considérer les formateurs d’abord comme des apprenants et je ne démords pas là-dessus, mais s’ajoute à cela la question des liens, des réseaux qui prennent encore plus d’importance maintenant.
On n’entre pas chez les gens physiquement et virtuellement comme on veut. Obtenir la permission de les influencer tient à plusieurs petits détails comme par exemple cette faculté de regarder derrière les mêmes lunettes qu’eux pour essayer de voir ce qu’ils voient. Les blogues, les wikis, les systèmes de gestion de signets collaboratifs, les eportfolios peuvent jouer un grand rôle en éducation, mais à condition de contribuer davantage à créer des liens entre les personnes. Dans l’absolu, un outil n’est pas meilleur qu’un autre pour qui a déjà développé un préjugé sur ses propres capacités de créer du sens avec ces technologies qu’il soit favorable ou non. Je veux dire que la vision affirmée de ce qu’on voit qu’on peut faire avec un outil a plus d’importance que la vision de celui qui présente le même outil. Qui suis-je pour présumer de ce qu’un éducateur doit faire pour mieux servir les apprenants sous sa gouverne ?
Le mieux que je puisse faire est de raconter des expériences vécues. De suggérer que ce que je vois, que ce que j’interprète de ma réalité est un possible et ne constitue en rien une solution « magique » pour les autres. Et c’est déjà beaucoup que de partager ses erreurs et de laisser des traces de ses succès tout relatifs qu’ils soient. C’est beaucoup parce que ça inspire, ça motive et ça rassemble !
Je me sens grandis par ce contact avec des gens qui cherchent tout comme moi. J’aurai beaucoup de plaisir à suivre le déroulement de leurs expériences. J’ai été impressionné de ce que nous avons pu construire ensemble au contact les uns des autres. Je vais donc continuer de rapporter ici avec autant de passion ces découvertes et ces errances avec comme seule intention de laisser les autres choisir leurs propres solutions, comme je l’ai toujours fait. Je n’arrêterai pas de suggérer, de proposer certes. Je vais continuer de montrer et d’expliquer comment les TIC peuvent aider à créer des liens. Je vais déranger parfois et souvent, je vais arranger; mais surtout, je vais prendre encore plus de soins à questionner les gens et leur laisser le choix des réponses !
Merci Poitiers…
N.B. Je planche encore sur la rédaction de ma conférence du 29 septembre; avis aux gens qui viennent ici pour le texte… ça s’en vient! c’est fait.

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Une réponse à Comment dire ?

  1. Avatar de AudoussetMarc AudoussetMarc dit :

    La dernière journée de stage à été très appréciée et nous avons parlé les jours suivants, lors d’autres stages avec les mêmes participants.
    L’honnêté de ton questionnement a sans doute influé sur notre implication.
    Puis l’accent c’est magique !

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