Mario Asselin, blogueur

C’est l’heure des bilans. La semaine de travail reprend dès demain et je n’aurai pas le temps de ramasser ce qui reste de mon expérience de journaliste-citoyen d’en fin de semaine. Je pourrai sûrement mieux commenter avec le recul, mais pourquoi ne pas coucher sur papier, à chaud, ce qui remonte.
Trente-trois billets plus tard, je me dis que la vie de journaliste n’est pas pour moi. Ils ont l’obligation de trouver La nouvelle et ils doivent même la créer parfois, pour arriver avec le « dead-line ». Je me souviens de l’ambiance dimanche matin. La discussion portait sur quoi apporter pour midi. Il fallait pressentir ce qui ferait une nouvelle « hot ». Ou bien celle qu’il ne faut pas manquer et y donner un angle particulier pour se distancer des compétiteurs, ou plutôt prendre la chance de se lancer sur une piste fraîche, mais risquer de se retrouver avec rien à se mettre sous la dent. J’ai bien senti le stress et je voyais bien aussi que le temps de réaction était court.
Le blogueur que je suis poste quand il y a du matériel… j’aime bien mieux. Reste que plusieurs événements reliés à ma présence citoyenne m’ont fait réaliser que j’ai vécu un bon congrès parce que j’ai pu créer certains liens avec les journalistes. Je crois que c’est essentiel de pouvoir fréquenter la salle de presse si on veut réussir dans le défi de couvrir un événement comme celui qui vient de se terminer. Voici quelques raisons qui me viennent à l’esprit :

  • C’est un plaisir de pouvoir interagir avec les journalistes, de pouvoir apprendre d’eux; autant en les écoutant qu’en offrant des contributions qui peuvent les influencer. Pas au niveau du «comment faire » puisque ce sont des pros, mais au niveau du contenu de ce qu’il y a à couvrir. Ma connaissance du domaine de l’éducation a vite fait de m’ouvrir des portes, je crois.
  • Il est important de pouvoir le faire sans le regard des autres, je veux dire ceux qui ne sont pas journalistes. Ce n’est pas tellement vis-à-vis de ce que ces autres pourraient dire; c’est que les journalistes ne sont pas les mêmes entre eux et en présence des autres… c’est un peu normal. En dehors de la salle de presse donc, nos contacts ont été plutôt restreints, d’où l’intérêt de pouvoir fréquenter ce haut lieu de communication et d’échanges.
  • Pour l’accès au lien Internet. J’ai eu la bonne idée d’apporter ma borne « Air-port » sans fil pour ne pas nuire à personne. Si ça n’avait pas été le cas, j’aurais eu à « fighter » pour la connexion et je me serais senti dans mes petits souliers. J’aurais eu à dépenser beaucoup d’énergie pour pouvoir emprunter le lien et à terme, je crois que la camaraderie aurait été difficile. S’en souvenir…

Au-delà du fait qu’il s’installe rapidement une collaboration tacite entre les gens qui cherchent la nouvelle, il y a aussi de grosses différences entre mon rôle et celui des journalistes. On exige d’eux beaucoup d’objectivité. Je n’en revendique aucune. Enfin, dans un cas comme dans l’autre, il demeure que nous devons enquêter en même temps qu’il faut aussi collaborer avec les gens de communication. Pas facile ça non-plus. Quand est-ce qu’on est en train de nous manipuler et à quel endroit on nous donne accès à des informations utiles? Je n’ai pas pu en deux jours me faire une tête sur ce sujet.

Enfin, quelques réflexions sur la conversation Web. J’ai vraiment apprécié la journée de samedi pour la relative abondance de commentaires. Les personnes qui sont intervenues m’ont poussé à suivre des pistes que je n’aurais pas suivies sinon. Déception pour ce qui est de dimanche. Le creux évoqué dans ce billet est en lien direct. Je ne cherche pas à blâmer personne, mais la communauté n’était au rendez-vous aujourd’hui. Je n’ai pas de problème avec ça, mais ça donne une autre teinte à l’expérience. Pas sûr que la motivation sera toujours là dans un contexte comme celui-là en permanence. Heureusement, les conversations peuvent reprendre… les billets sont encore là. Et puis, grâce à l’indexation et aux visites potentielles des gens rencontrés en fin de semaine qui m’ont demandé l’adresse, peut-être la suite de cette expérience révélera d’autres surprises.

Assez pour ce soir. Je ne sais même pas si je peux dire à une prochaine en ce qui me concerne, mais je souhaite à plusieurs de tenter l’expérience dans les conditions que le PQ et la communauté m’ont offertes…

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