Le Web au service des apprentissages

Voici le document de présentation (3 mo.) utilisé lors de mon intervention de ce matin au précongrès de l’Association Québécoise des Professeurs de Français (AQPF). J’étais accompagné de Marie-Love (10 ans) qui a parlé de sa communauté d’apprentissage, de Gabriel qui a insisté sur l’apprentissage de la recherche en ligne et de Simon-Julien qui a raconté comment les jeunes aiment produire du contenu. Sous l’hyperlien plus bas, je laisse mes notes accompagnant chaque diapositive…


Quelques notes…

  1. Les enjeux du développement d’une culture technologique à l’école ne sont-ils que technologiques? À l’occasion de cette conférence, un témoignage relatif à plusieurs expériences d’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication viendra démontrer que l’élaboration d’une communauté d’apprentissage riche et nourricière peut contribuer à développer cette culture. L’arrivée au secondaire des jeunes qui sont nés au moment où Internet existait déjà n’est qu’un facteur parmi tant d’autres qui explique que nous n’avons pas à intégrer les technologies aux apprentissages, mais plutôt, que nous devons favoriser les apprentissages par les meilleurs outils disponibles.
  2. Nommer mes intentions, en lien avec cette conférence: «Semer l’idée que les nouvelles technologies font probablement partie de la solution en matière des apprentissages, pas des problèmes…» et «illustrer par des exemples concrets comment les jeunes (garçons et filles, pour des raisons différentes) peuvent bénéficier de l’utilisation des TIC pour développer leurs apprentissages. Depuis Gutenberg, rarement avait-on vu naître un moyen de diffuser de la connaissance aussi percutant qu’Internet. Un changement de paradigme remet le compteur à zéro, en ce sens que tout enseignant a maintenant le devoir d’ajouter les stratégies plus ouvertes à celles qu’il privilégiait et se centrer sur ce qui fait apprendre plutôt que demeurer centrer sur son enseignement. La citation est de Jean Jaurès, homme politique Français du 17e siècle.
  3. L’enseignant d’aujourd’hui doit considérer qu’il fait apprendre à des jeunes qui sont bien différents de lui dans leur rapport au savoir. La seule réalité permanente en éducation est le changement! Expliquer le paradoxe de «plus tu donnes de l’ouvrage, plus tu te donnes de l’ouvrage», en tant que prof de français!
  4. Ils sont nés avec la présence des nouvelles technologies: le Web, les portables, la numérisation d’images et de vidéos, les blogues, les courriels, le clavardage et même les wikis sont là depuis qu’il est né et ne demandez pas à un enfant depuis combien de temps ces outils existent, il va vous regarder avec des yeux de poisson… Quelle question! Les étudiants sur les bancs d’école sont des natifs de l’Internet (source Mark Prensky, 2001). Les gens qui leur enseignent, dans le meilleur des scénarios sont des immigrants de l’Internet et les conséquences sont importantes : ils ont accent quand ils s’expriment… La dérive du fameux projet… Deux mots ont tendance à être démonisés… Projet et compétences transversales.- Les domaines généraux de formation sont le champ d’intervention de la direction d’école qui doit quadriller le territoire pour qu’il n’y ait pas de chaise vide. En matière d’éducation à la sexualité, des médias…
  5. Je pourrais leur poser la question de leurs usages… Reparler du comment ils ont appris qui conditionne comment ils font faire apprendre. Basé sur des enquêtes du CÉFRIO (Centre francophone d’informatisation des organisations). Les jeunes sont moins passifs… ils sont prêts à délaisser un peu de télévision pour un média où ils peuvent échanger. Ils ont soif de mettre leur grain de sel… ils veulent s’affirmer/contribuer. Ils veulent faire. Les «homo-zappiens»de Mats Lindgren et Anna Geist de Kairos Future (rencontrés à Autrans) en ont profité pour présenter les résultats de leur enquête mondiale sur ces jeunes citoyens, consommateurs, employés de demain, cette génération Internet qu’ils nomment, eux, la génération MeWe (prononcez MiWi). Le Me passe par la réalisation de soi et le We se mesure au carnet d’adresses du téléphone mobile et de MSN. Si l’on peut les qualifier d’individualistes, commentent Mats Lindgren fondateur et PDG de Kairos Future, ils ne sont pas pour autant de purs égoïstes. Ils privilégient les amis et les solutions collectives… L’arrivée de MySpace et de Facebook au Canada est un indice du développement de «ce marché»!
  6. Pourquoi est-ce que les cookies de mon ordinateur en savent plus sur ce que j’aime lire que mes profs?
  7. C’est en tout cas ce que nous avons avons découvert à l’Institut St-Joseph où j’ai commencé l’utilisation d’une ferme de blogues avec les jeunes élèves du primaire. Rapidement, les membres de notre communauté ont été impressionnés par l’efficacité de la publication Web. Dans les sports et la musique, un formateur sait qu’il doit faire en sorte que l’apprenant puisse se produire en public souvent pendant son cheminement. Les nombreux feedbacks qu’il reçoit à ce moment agissent comme de véritables catalyseurs d’apprentissage. Pourquoi en serait-il autrement quand il s’agit d’apprendre l’écriture? Écrire en public est une composante importante de l’apprentissage et les blogues sont de puissants leviers pour faire apprendre, dans ce sens. À titre de consultant, j’utilise les blogues, les wikis et plusieurs logiciels sociaux (tels del.icio.us, Flick, You Tube, etc.) pour faire apprendre et je suis stupéfait des résultats récoltés.
  8. Ma vision : «L’enseignant est avant tout un apprenant». Il est possible aujourd’hui de rendre les jeunes « demandeurs de connaissances » au contact des logiciels sociaux. La puissance des réseaux. L’interactif, le collaboratif. D’abord, répondre au besoin, ensuite choisir l’outil… Toujours prévoir les modalités d’accompagnement.
  9. Mais pour que ces outils procurent le maximum de résultats, il faut accepter que 100% du savoir ne transitent pas par l’enseignant. Il faut accepter la posture de celui qui n’a pas le monopole des connaissances. L’enseignant et la communauté éducative doivent aussi accepter le principe de la gestion a posteriori de la publication Web; pas de goulot d’étranglement, les apprenants voient immédiatement le résultat de ce qu’ils publient et on gère la température avec l’aide de charte d’utilisation d’une langue de qualité et d’un code de déontologie socialement construit et accepté. C’est l’interaction avec les différentes sources de savoirs (dont l’enseignant) qui procurent le levier si puissant pour intégrer les connaissances. Et je ne parle pas du phénomène d’inversion de la tendance d’autrefois. Au lieu de tirer après les étudiants pour qu’ils daignent considérer ce que je veux leur faire apprendre comme enseignant, c’est eux qui «tirent» après moi pour apprendre ce qui leur est nécessaire pour obtenir un travail de qualité et être à la hauteur de l’identité Web qu’il se donne par leur portfolio…
  10. Il faut tout un village pour élever un enfant. Répartir sur plusieurs épaules les responsabilités de la formation. À l’école, ce qui est interdit a tendance à ne pas exister.
  11. La section «Je côtoie» de mon blogue qui fait des liens vers d’autres expériences d’utilisation de cybercarnets en milieu scolaire et vers des enseignants qui bloguent…
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Une réponse à Le Web au service des apprentissages

  1. Bonjour Mario,
    Jean Jaurès a vécu au XIXe siècle, pas au XVIIe siècle.
    Martin

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