S’inspirer du Festival en chanson de Petite-Vallée

Petite_vallee.jpg

Je me suis éveillé en pensant à Petite-Vallée ce matin. J’avais les mots «chansonneur» et «passeur» en tête. Pour sa 26e édition, le Festival en chanson innove:

«Dorénavant, le concours se limitera à la sélection des candidats. Huit chansonneurs, deux compositeurs et deux paroliers seront invités à vivre en bord de mer cette fête de la chanson. Autrement dit, une fois rendu à Petite-Vallée il n’y a plus de compétition. Ateliers, encadrement professionnel, spectacles, rencontres professionnelles, partage et confrontations d’idées sont bien sûr au programme. Il y aura encore des prix et des bourses, mais surtout, il n’y aura PLUS D’ÉLIMINATION.»source

C’est quand même un peu fou! D’abord, ils introduisent un nouveau mot, «chansonneur», pour décrire les auteurs-compositeurs-interprètes. Quand on voit le succès obtenu en éducation avec l’introduction du vocable «compétence transversale» pour mieux décrire un concept qui existait déjà, je les trouve courageux:

«Chansonneurs? « Un vieux mot, que Voltaire utilisait, que Vigneault connaît, un mot qui est à l’origine du mot chansonnier. Sauf que dire chansonnier, ici, c’est quasiment péjoratif. On a pensé à ce mot-là, chansonneur, pour redonner au métier ses lettres de noblesse. » Définition maison: « Oiseau rare qui chante des chansons originales créées par ou pour lui. »»source

Ensuite, on remplace le «parrain» par un «passeur». J’imagine que l’expression évoque davantage le rôle plus actif de celui qui prend une responsabilité de transmettre dans l’esprit du facilitateur. À Petite-Vallée, le guide n’introduit pas le nouvel arrivant dans un club, il transmet une culture,
un art à qui veut bien accepter de le transformer sans en perdre la substance. Encore ici, je suis impressionné de cette RÉFORME tentée pour mieux correspondre à la mission du Festival.

Mais l’essentiel ne tient pas qu’aux changements de vocabulaire. Il y a cette recherche pour trouver l’équilibre entre valorisation et apprentissage. C’est comme si les organisateurs avaient compris que la dynamique de la compétition n’était pas vilaine, mais qu’elle pouvait devenir plus productive sans l’exclusion, si incrustée dans notre inconscient collectif (la télé-réalité nous le rappelant constamment) sans vraiment apporter de valeur ajoutée. C’est comme si on se disait «il y a des apprentissages à faire pour grandir dans le domaine de la chanson et il ne s’agit pas que d’écouter des maîtres à penser. Il faut faire, il faut essayer, se tromper, se reprendre devant un vrai public, dans une dynamique de saine émulation, mais sans le stress inutile de se voir exclu parce qu’il y en aurait dans la salle qui apprennent plus vite que d’autres.» Pour reprendre les paroles de Michel Rivard (le premier de ces «passeurs»): «C’est comme la devise des Olympiques, mais pour vrai: à Petite-Vallée, les gagnants sont les participants.»

Je trouve qu’il y a beaucoup d’inspiration dans cette façon de faire les choses. Il me semble que nous pourrions regarder dans cette direction pour mieux conduire les changements à faire en éducation…

Ce contenu a été publié dans Je réfléchis, avec comme mot(s)-clef(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à S’inspirer du Festival en chanson de Petite-Vallée

  1. Avatar de B.Long B.Long dit :

    Très inspirant. Depuis que je suis mentor en APO (application pédogique de l’ordinateur), je n’ai plus à faire les évaluations systémiques que me demandait mon rôle d’enseignante. Mon rôle est maintenant changé, je donne et je reçois beaucoup des élèves et des collègues. C’est une toute autre façon de voir les choses. Je vois des petits miracles se produirent tous les jours. La compétition n’est pas la même et l’entraide est présente. Avec le cybercarnet, les élèves ont cette chance de se produire devant ce vrai public. « Il faut faire, il faut essayer, se tromper, se reprendre devant un vrai public, dans une dynamique de saine émulation, mais sans le stress inutile de se voir exclu parce qu’il y en aurait dans la salle qui apprennent plus vite que d’autres. » Chacun a sa chance et les lecteurs sont habituellement conscients que les élèves sont en phase d’apprentissage. Peut-être sommes-nous un peu « passeurs » lorsqu’on offre la possibilité à tous les élèves de bloguers plutôt que de priviligier la publication des élèves « forts » seulement?

Laisser un commentaire