Quelques indicateurs de la présence d’un fonctionnement en communauté

On me demande de plus en plus d’intervenir sur le sujet des communautés et c’est avec grand plaisir que je constate l’intérêt de secteurs plus identifiés aux technologies, pour les enjeux «non-technologiques». Les gens qui m’abordent sont souvent à la recherche des meilleures stratégies pour continuer le travail collaboratif en dehors de la présence physique les uns des autres. Évidemment, le travail en communauté de pratiques, c’est bien davantage que de partager des idées, de trouver des solutions à des problèmes ou de réaliser des projets en groupe. J’ai le goût ce matin de rassembler quelques réflexions sur les indicateurs de la présence d’une structure de partage de connaissances entre des individus, membres d’une communauté qui «permet l’émergence d’une intelligence collective, de création de valeur et d’innovation.» Je pars d’un tableau à la fin de ce document du CETRQ

Engagement mutuel

  • Se présenter à la communauté. On néglige souvent de s’introduire, avec l’inventaire de ce qu’on apporte autant qu’animés des doutes qui nous affligent. C’est le moment de nommer ses motivations.
  • Exprimer une intention d’engagement dans le réseau. En situant dans le temps une proposition explicite, on précise la façon dont on compte participer à l’avenir.
  • Réaliser la coordination de rencontres et d’envoi de courriels. Il s’agit ici des premiers gestes concrets visant à organiser sa communication dans le groupe.
  • Offrir/solliciter de l’entraide. Par des «appels à tous» autant que des offres de services, les possibilités d’échanges se matérialisent.
  • Évoquer un problème relié à sa pratique. Objectiver un pan de son quotidien ou aborder un aspect qui soulève un inconfort permet de relativiser et de ne pas rester «pris».
  • Partager une idée sur sa pratique ou l’avenir de celle-ci. Se projeter en avant en se disant que ce qui m’est important l’est peut-être pour quelqu’un d’autre.
  • Partager/solliciter des informations reliées à sa pratique ou à l’avenir de celle-ci. Il n’y a pas de trop petits détails en cette matière.
  • Partager/solliciter des informations sur un élément réifié. Ce mot, «réifié», est en lien avec le fait de «transformer ou de transposer une abstraction en un objet concret, d’appréhender un concept, comme une chose concrète (source).
  • Partager/solliciter des informations techniques. Parfois, c’est l’outil par l’intermédiaire duquel la communauté échange qui pose problème.
  • Reconnaître les contributions individuelles. Souligner les apports d’individus dans la communauté développe les solidarités et le sentiment d’appartenance.
  • Manifester son désaccord, son étonnement. C’est un signe de confiance dans la communauté que d’oser un point de vue divergent avec calme et détachement.
  • Témoigner de comportements socio-affectifs positifs. Remercier, s’excuser, verbaliser une émotion ou manifester de l’empathie enrichie les relations dans la communauté.

Entreprise commune

  • Discuter de l’état ou du déploiement d’activités au travail. Qualifier le niveau d’avancement de ce qu’on a à faire devient motivant quand on peut mesurer l’ampleur du chemin parcouru autant qu’estimer celui qui reste à faire.
  • Discuter de l’état ou du déploiement d’activités dans la Communauté de Pratique en Réseau (CoPeR). Préciser en quoi la communauté contribue à l’itinéraire.

Répertoire partagé

  • Présence du langage spécialisé de la profession. Il est normal de développer un jargon spécifique à un domaine ou à une pratique.
  • Présence d’histoires reliées à leur contexte de travail. Choisir de relativiser un événement relié au fonctionnement en communauté permet de contextualiser les traces accumulées.
  • Présence d’artefacts réifiés. Mettre l’emphase sur un point très précis permet souvent une bien meilleure négociation de sens.

Cohésion

  • Facteurs d’alignement. Vouloir la convergence des actions, c’est s’assurer que «les participants coordonnent leurs actions selon les normes et les attentes de la communauté».

Je continue de croire que le monde des communautés est riche en enseignement. En précisant les indicateurs ci-devant, j’ai l’impression de mieux m’exercer à en repérer l’existence tout en pouvant davantage choisir les gestes de jardinier pour contribuer à les cultiver!

En terminant, je rapporte deux diagrammes de Thérèse Laferrière utilisés lors de sa présentation à la session de formation des personnes-ressources du MELS les 18 et 19 mars 2008 et construite en lien avec un de ses projets de recherche. Ces données sont intéressantes dans la mesure où on prend conscience de la loi d’Homans qui affirme que «Pour que chacun y trouve son compte, ce qu’il retire des interactions avec les autres doit être au moins égal (sinon plus grand) à ce qu’il doit fournir comme effort»:
difficultes_CoPeR.jpg
Difficultés ayant restreint la participation à une CoPeR
(cliquez pour l’image grand format)
Benefices_CoPeR.jpg
Bénéfices motivant la participation à une CoPeR
(cliquez pour l’image grand format)

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