Réflexion d’après-débat électoral

Hier soir, j’étais dans le feu de l’action, occupé par buzzz.tv, mais ça ne m’a pas empêché de prendre des notes au moment où les différents graphiques s’allongeaient devant moi. Je retiens les éléments suivant, histoire de m’inspirer au moment du vote:
Les moments forts

  • Pour Pauline Marois, c’est quand elle a exprimé à quel point M. Charest a peur des démarches d’amendements constitutionnels (elle en a déjà fait, elle) et lors du rappel à M. Dumont de son appui à la réforme de l’éducation, au départ et enfin, lors de son allocution finale.
  • Pour Mario Dumont, c’est quand il a démontré que ça ne prenait pas un comptable de dépanneur pour prouver que six milliards et demi de dettes de plus, ça veut dire qu’on continue la politique du déficit. Dans l’auditoire «Jeunes», la colonne des «j’aime ce que j’entends» s’est élevé quand il a été question de remettre à l’ouvrage les gens aptes au travail recevant de l’aide social. Ils sont «durs» les jeunes…
  • Pour Jean Charest, le seul moment (sans grosse pointe, mais deux ou trois moyennes) est survenu dans ses attaques envers Mme Marois sur ce qu’elle referait par rapport aux coupures d’infirmières et lors de son rappel de départ qu’en temps de gouvernement minoritaire, les élections c’est pas oui ou non, mais quand.

Les moments faibles

  • Pour Pauline Marois, il y a bien eu quelques trop longues tirades dans le segment «finances publiques» et, surtout, quand elle a affirmé que les décisions qu’elle a prises il y a 10 ans en santé n’avaient plus d’impact aujourd’hui.
  • Pour Mario Dumont, le pire est arrivé quand il a associé les autochtones à des vendeurs de cigarettes de contrebande. (Ajout du lendemain: Le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec n’a pas aimé, lui non plus)
  • Pour Jean Charest, il y en a eu plusieurs… entre autres le moment où il a dit que son gouvernement avait été celui qui avait le moins dépensé en publicité. Aussi lors de son allocution finale où il a répété les lignes les plus convenues qu’il possède.

Ce qui me reste du débat

  • Pour Pauline Marois, je retiens qu’elle faisait «premier ministre» sauf au moment où elle avait l’air «ma-tante-qui-s’offusque-pour-rien». Elle a parlé de la souveraineté pour ne pas se faire reprocher d’oublier d’en avoir parlé… hum… c’est pas très fort! Malgré sa position sur les écoles privées et son côté «centralisateur-loin-des-écoles», je crois qu’elle est la mieux placé en éducation, actuellement. Elle s’assume de mieux en mieux, ce qui me la rend plus sympathique.
  • Pour Mario Dumont, je trouve qu’il est à son meilleur en situation de travail individuel. Il était le seul à ne pas avoir de note devant lui; il faut s’incliner devant cette capacité à intégrer autant d’informations. Ses idées étaient claires, mais ses stratégies pour les développer ne le sont pas plus qu’avant. Sa capacité à gouverner en équipe… il n’en était pas question hier, donc on reste sur notre appétit. Les vedettes d’hier (Caire, Taillon, etc.) ont été remplacées par d’autres pour les analyses (Deltel, Brien). Sa conception des travers de la réforme ne l’a pas honoré. D’ailleurs il a continué aujourd’hui à rapporter les mêmes inexactitudes, dont le fait que la Suisse aurait abandonné sa réforme…
  • Pour Jean Charest, il est apparu en premier ministre tout au long de la première section du débat. Il a perdu de sa prestance par après… Il faudra bien prendre acte qu’il n’est pas si bon «debater». Ça reste un mystère pour moi qu’il n’ait pas exploité le thème de l’environnement ou celui de la création de son espace ouvert économiquement avec l’Europe. Face à l’ADQ, il continue de passer pour «social» et face au PQ, il passe pour «économique». C’est dommage, mais le téflon va continuer d’opérer pour les prochains jours…

De Stéphane Bureau, je voudrais dire il m’a appris un nouveau mot, «algarade», (pour désigner une querelle brusque et inattendue); il m’a paru beaucoup plus désarçonné qu’au débat fédéral, allant jusqu’à confondre les noms de ses hôtes.

Je suis d’accord avec Michel Dumais pour le meilleur titre proclamé, «7 200 secondes d’empoigne». Le recueil des meilleures citations revient à Steve Proulx.

Je crois que nous pourrons prendre congé de débat chez buzzz.tv pour quelques mois/années, mais nous avons d’autres projets…

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Une réponse à Réflexion d’après-débat électoral

  1. Avatar de Guy Vézina Guy Vézina dit :

    Mario Dumont a 38 ans! C’est sans aucun doute son avantage de pouvoir se permettre de ne pas avoir de notes devant lui; cela dit, certaines personnes ont le pouvoir (une qualité innée) de synthétiser une liasse d’informations et de les utiliser de façon fort pertinente en situation de pression; c’est son cas. Le fait d’avoir des documents devant soi peut déconcentrer davantage! Sans être pro-ADQ, c’est quand même lui qui m’a le plus impressionné hier.

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