Les bons et les mauvais coups d’une campagne qui n’a jamais levé

J’ai beaucoup aimé l’initiative du Soleil d’aujourd’hui qui a interrogé six personnalités représentants différents milieux et ayant suivi de près cette campagne électorale provinciale. Plusieurs belles «quotes» vont me rester en tête au moment du vote de lundi. Jean-François Dumas dit de Mario Dumont qu’il est «comme un marqueur de 50 buts en disette», Gilles Parent pense que Pauline Marois a eu «l’audace de faire fi des critiques quant à son image de snob» et Gilles Lesage trouve que Jean Charest est une sorte «d’émule de Robert Bourassa en plus populaire».
Évidemment, ce sont les opinions d’Égide Royer qui ont le plus retenu mon attention parce qu’il oeuvre en éducation; j’ai toujours eu beaucoup de respect pour ses prises de position…

  • Le bon coup de Pauline Marois: «Son intention d’intervenir le plus tôt possible avec les agences de service de garde et de services sociaux pour dépister dès la petite enfance les élèves en difficulté. Si quelqu’un met ça dans son programme, on est obligé d’applaudir.»
  • Le mauvais coup de Pauline Marois: «Manque de conviction des moyens à prendre pour l’intégration des élèves en difficulté. Le parti veut fixer un quota du nombre d’enfants en difficulté dans les classes? normales?. Ce n’est pas clair. Il y a un flou artistique dans la démarche.»
  • Le bon coup de Mario Dumont: «Recentrer les écoles sur leurs missions. En faire des milieux de vie privilégiés dans la communauté. Miser sur le sentiment d’appartenance. Seul bémol : l’abolition des commissions scolaires pourrait rendre difficile la gestion des services spécialisés, surtout dans les petites écoles.»
  • Le mauvais coup de Mario Dumont: «Le retour aux classes spéciales pour les enfants en difficulté au primaire nous ferait reculer de 25 ans. C’est prouvé qu’un enfant de six ans doit apprendre avec un autre enfant de six ans, peu importe son niveau d’apprentissage. C’est plus stimulant pour l’enfant en difficulté. Ça le tire vers le haut.»
  • Le bon coup de Jean Charest: «Il a annoncé une mesure concrète : embaucher 1000 professionnels, psychologue, psychoéducateurs et orthophonistes pour aider les élèves en difficulté.»
  • Le mauvais coup de Jean Charest: «Perpétue la croyance que la réduction du nombre d’élèves par classe est la principale solution pour augmenter le taux de réussite des jeunes. S’il y a 100 millions $ à mettre pour y parvenir, ce n’est pas là-dedans qu’il faut investir en priorité.»

Au travers de toutes les promesses irréalistes, je ne peux passer sous silence celle du parti libéral que je considère particulièrement positive puisqu’elle arrive à point nommé dans le projet de ZAP Québec de faire de notre ville une cité sans fil. Je salue ce bon coup pour la région de Québec…

Parlant de bon coup, nul doute que Québec Solidaire a fait jaser sur le Web comme peu de parti provincial l’ont fait dans le passé (et le présent). Même si la possibilité de faire élire au moins un député semble se concrétiser, pour moi, la vision trop montréalaise de la formation aux deux chefs n’inspire aucune sympathie ailleurs que dans le «514». J’ai mentionné dans deux entrées twitter en réponse à Sylvain Carle que d’abolir le financement aux écoles privées à Mtl, c’est pas très très grave, mais ailleurs, c’est tuer les écoles privées…. Je poursuivais ainsi (1, 2):

«Et en dehors de MTL, tuer les écoles privées, c’est pas fort pour le progrès social et économique. À Mtl, l’école privée est beaucoup plus sélective. Ailleurs, c’est presque pas le cas ;-) »

Drôle de hasard, pendant que j’écris ce billet, j’ai dû aller à la porte répondre au premier candidat de mon comté à me rendre visite, Patrick Huot. Comme on s’est connu par le dossier de ZAP Québec, on a jasé de sa campagne et de la différence qu’il fait avec le municipal où il a l’expérience de conseiller municipal. Il passera ses derniers moments de campagne en «porte-à-porte» pour chasser le stress de l’attente. Il avoue être dans une lutte très serrée…

Je termine donc ce billet avec mes propres bons et mauvais coups de chaque chef…

  • Le bon coup de Pauline Marois: Sa petite marche aux aurores pour prouver aux journalistes qu’elle n’était pas rendue au bout du rouleau.
  • Le mauvais coup de Pauline Marois: Elle est trop souvent tombée dans le piège de M. Charest de devoir justifier les prises de positions des gouvernements péquistes précédents.
  • Le bon coup de Mario Dumont: Sa participation au débat où on a vu un Dumont beaucoup plus zen, laissant souvent les deux autres se chicaner et s’interrompre.
  • Le mauvais coup de Mario Dumont: Son allusion aux sapins de Noël qui seraient disparus des écoles dans le contexte de sa prise de position contre le cours «éthique et culture religieuse» me semble le mauvais coup des mauvais coups. Il revendique aussi le deuxième «mauvais coup des mauvais coups» avec ses interventions sur les pensions de vieillesse.
  • Le bon coup de Jean Charest: Le déclenchement des élections; il gagnera son pari de passer de minoritaire à majoritaire. Pour moi, Jean Charest a fait son meilleur coup pendant la campagne fédérale en n’appuyant aucun parti et en réussissant à demeurer au-dessus de la mêlée.
  • Le mauvais coup de Jean Charest: Son hésitation pendant le débat à chiffrer correctement le montant de la dette du Québec.

Et puis, au niveau des mauvais coups, il faut nommer de notre côté notre incapacité à travailler ensemble pour faire avancer davantage, à l’occasion de cette campagne, le dossier du plan numérique à se donner au Québec.

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2 réponses à Les bons et les mauvais coups d’une campagne qui n’a jamais levé

  1. Avatar de MichelMonette MichelMonette dit :

    Québec solidaire a aussi fait quelques bons coups qu’il vaudrait la peine de souligner ;-) Je dirais même qu’il a complètement déclasser les autres partis sur le Web.
    En ce qui concerne le plan numérique, vous l’avez mis sur la place publique et c’est déjà beaucoup. J’ai de mon côté ajouté ma petite contribution au RMQ :-)
    Avez-vous écouter le reportage sur le THD à l’émission Les années lumières ? http://tinyurl.com/58bb4g

  2. Alain Richard dit :

    «Le retour aux classes spéciales pour les enfants en difficulté au primaire nous ferait reculer de 25 ans. C’est prouvé qu’un enfant de six ans doit apprendre avec un autre enfant de six ans, peu importe son niveau d’apprentissage. C’est plus stimulant pour l’enfant en difficulté. Ça le tire vers le haut.»
    Je ne partage pas du tout l’opinion d’Egide Royer. Un groupe d’élèves va toujours aller au rythme du plus lent. Donc, intégrer des élèves en difficulté les aident peut-être beaucoup mais peut aussi nuire à la progression des plus doués.

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