Je me souviens et je me prépare

Dimanche soir à Paris. Je reviens d’une rencontre tout ce qu’il y a de plus informelle avec Stéphanie Vincent et François Duport. On a discuté de ce qui s’en vient au FormaCamp, bien entendu, mais aussi, de tout et de rien… À l’image de ma journée que j’ai passé à tuer le temps, pour être bien certain de casser le foutu décalage; il ne faut surtout pas s’assoupir avant d’être aux portes de la nuit, au moment de cette journée d’arrivée en sol français.
Tout s’est bien passé aujourd’hui. Le hasard avait fait que je prenais le vol avec un groupe scolaire d’une école de Québec mené par mon bon copain Serge, celui-là même avec qui j’ai partagé tellement d’entrées au pensionnat, les dimanches soir, du temps où on travaillait ensemble aux services aux élèves du Collège Mont-Ste-Anne. Drôle de retour du destin… En marchant tout près de la Gare de Lyon ce soir, je me disais qu’on avait fait beaucoup de chemin depuis ces années quatre-vingt où le quotidien était fait de bien des rebondissements.
J’ai réalisé dans l’avion que je m’étais éloigné un peu des jeunes. Discipliné, je suis resté en retrait des conversations pour pouvoir dormir quelques trop brèves heures histoire d’être bien certain de pouvoir tenir debout toute la journée. Je n’ai eu que quelques petits échanges avec les jeunes filles du primaire, surtout avec celles pour qui l’avion était une première. De toute façon, elles ont fait un petit somme elles également, si j’ai bien compris. Je me suis repris ce soir avec un jeune Français de quatre ans et demi qui m’a fait faire le tour de son livre d’école qui regroupe toutes les traces de ses apprentissages de la maternelle. Un embryon de portfolio si on accompagnait ces traces d’un peu « de méta». La grande tournée de son livre m’a permis d’en faire un peu… C’était super plaisant pour lui et moi!
Je revenais en métro dans les sous-sols de la grande ville et je me disais que c’est une bien grosse semaine qui m’attend. J’ai choisi de prendre le train tôt, demain A.M. vers Lyon pour pouvoir continuer les jasettes informelles avec ceux qui feront le trajet Paris-Lyon tout comme moi. Ce FormaCamp m’habite beaucoup. La formation continue dans la perspective du «tout au long de la vie» est un sujet sérieux et François a travaillé très fort avec plusieurs acteurs pour faire de cet événement une occasion «de point de bascule» vers des valeurs qui sont nôtres. D’ailleurs, j’avais promis à Jacques-François Marchandise, mon collègue «facilitateur» de la rencontre, d’identifier dix mots-clés que je voulais «marquer» en début d’intervention mardi A.M. en ouverture. Les voici :

  • Différenciation des stratégies
  • Bruit vs signal
  • Angles d’accueil personnel
  • Identité sur le Net
  • Culture numérique
  • Appétits d’apprenant
  • Infobésité
  • Présence vs rendez-vous TIC
  • Coopétition
  • Indicateurs de co-construction

Je me sens prêt pour la semaine. En plus du FormaCamp, je viens aussi en France pour faire avancer un projet de livre qui porte davantage sur les profs, cette fois. J’anticipe des moments d’immense plaisir et quelques «souffrances». Écrire dans des cafés parisiens, je sais, il y a pire calvaire, mais reste que l’écriture d’un projet d’envergure comme l’est ce livre vient parfois me chercher dans des limites émotives et intellectuelles qui me tiraillent constamment. J’en reparlerai…
Une chose est certaine en tous les cas: je me sens loin des débats politiques du moment au Québec et ce ne sont pas les blogues qui vont contribuer à me rapprocher. Je suis passé par quelques billets de notre blogosphère politique tout à l’heure; diable que ça s’envoie des claques sur le museau (1, 2, 3 et 4). Je ne juge pas de la qualité de ces blogueurs puisque c’est le propre de la formule blogue que de donner parfois dans l’opinion qui ne tourne pas les coins ronds. Mais bon… Les escalades de ce type ne me disent rien de bon pour la suite des choses.
Je préfère de beaucoup ce genre de discussion!

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Une réponse à Je me souviens et je me prépare

  1. Avatar de Guy Vézina Guy Vézina dit :

    Comme j’aurais aimé être sur ce vol pour partager avec vous deux ces beaux souvenirs du Mont-Ste-Anne! Mes salutations à vous deux Mario et Serge; je me souviens de ces belles soirées chez-moi au Lac Brompton là où je vis de belles heures de retraite maintenant. Au plaisir de vous revoir tous les deux un jour.

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