Des écarts de perception chez les enseignants qui génèrent des hypothèses

Le présent billet a été rédigé par René Larouche, professeur retraité de l’Université Laval ayant comme principal champ d’intérêt la sociologie des professions. J’ai aussi collaboré à la rédaction. Je lui offre cet espace de mon blogue parce que j’endosse son travail. Nous avons déjà commencé à publier plusieurs documents jamais diffusés au public sur les avantages que pourraient connaître la société Québécoise si un ordre professionnel des enseignantes et des enseignants voyait le jour. Ce billet comme les deux précédents portent sur le thème suivant:

Les enseignantes et les enseignants ne sont pas toujours traitées/s de façon professionnelle au Québec. Désirent-elles/ils qu’il en soit autrement… ainsi que la société québécoise ?

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Les enseignants sont bien perçus par le grand public, mais ils n’ont pas tendance à se sentir reconnus à leur juste valeur. Comment peut-on expliquer l’écart entre la perception positive de la société québécoise envers le personnel enseignant versus le sentiment de non-reconnaissance éprouvé par ce dernier ? Voici dix hypothèses avancées par différents organismes…

  1. « Le manque de valorisation du personnel enseignant est lié au peu d’importance accordé à l’éducation en général.
  2. Le personnel enseignant a l’impression d’exercer peu d’influence sur les mesures d’encadrement de l’exercice de sa profession.
  3. Les perspectives de carrière limitées, l’uniformité des trajectoires professionnelles et le manque de ressourcement professionnel accessible sont la source du sentiment de dévalorisation du personnel enseignant.
  4. Une « approche-client » en matière d’éducation met l’accent uniquement sur les résultats scolaires et non sur le processus d’éducation lui-même, dévalorisant ainsi le travail des enseignants.
  5. Les médias, en général, contribuent à diffuser une image dévalorisante du personnel enseignant.
  6. La complexité de la tâche des enseignants n’est pas reconnue, ce qui contribue à donner l’image d’un métier facile, exigeant peu de compétences et donc grassement payé.
  7. Globalement, un écart moins important existe entre la scolarité des parents et celle des enseignants, ce qui contribue à réduire le prestige de ces derniers.
  8. Les conditions de travail, particulièrement en ce qui concerne le salaire, ne sont pas de nature à valoriser la profession.
  9. L’inexistence d’un code d’éthique et la faiblesse des mécanismes de gestion des plaintes contribuent à l’entretien d’un manque de confiance de la part du public en général.
  10. L’obligation syndicale de défendre les intérêts des membres, quoique légitime du point de vue des relations de travail, mine la crédibilité des syndicats d’enseignants lorsqu’il s’agit de questions professionnelles. »

N.B. « Le Conseil n’est pas en mesure d’évaluer avec précision la valeur de toutes ces hypothèses, mais il prend acte de leur existence et de leurs conséquences possibles sur le statut de la profession enseignante. » (Conseil Supérieur de l’Éducation. Un nouveau souffle pour la profession enseignante, Avis au ministre de l’Éducation, septembre 2004, p. 38-39)

Il convient d’ajouter à ces hypothèses que selon certains/es enseignants/es, cela dépend aussi du fait que l’école, la famille et la société ont profondément changés. « D’une part, dans les milieux difficiles où l’éducation est peu valorisée, ils ne se sentent plus comme des « alliés naturels »; ils ont l’impression de lutter contre la famille et le milieu social de l’enfant. D’autre part, dans les milieux socioéconomiques plus favorisés, les parents ont des attentes très grandes et se montrent fort critiques à l’égard du travail des enseignants » (Lessard et Tardif, 1996, p. 269).

Enfin, le Conseil supérieur de l’Éducation formule une autre hypothèse liée à la question des relations de travail dans le secteur de l’éducation. À son avis, « il y a polarisation du discours public autour d’un rapport de force entre l’employeur et les employés, et la nature de ce rapport de force (lié aux relations de travail) peut amener une perception de dénigrement chez le personnel enseignant. » Cette hypothèse est fondée sur deux constats:

  • « D’une part, le principal porte-parole du personnel enseignant sur la place publique est la partie syndicale, qui assume à la fois un rôle lié aux relations de travail et un rôle axé sur la promotion des aspects professionnels de l’enseignement.
  • D’autre part, la partie patronale (l’État) est à la fois l’employeur et l’organisme qui gère le système éducatif et la profession enseignante elle-même. Le Conseil estime que ces deux rôles peuvent se révéler contradictoires du fait que l’État constitue à la fois le patron des enseignants et le gestionnaire de la profession ».

Source : Conseil Supérieur de l’Éducation. Un nouveau souffle pour la profession enseignante, Avis au ministre de l’Éducation, septembre 2004, p. 38-39).

Posons-nous la question : De quelle manière pourrait-on redorer l’image de la profession enseignante au Québec?

Le ministère de l’Éducation (MEQ/MELS) affirme avoir tenté de valoriser, durant plus d’un demi-siècle et de différentes manières, ce qu’il appelait la «profession» enseignante…

Dans le passé plus lointain ( depuis les années 50)

« Toutes les réformes effectuées depuis les années 50 avaient pour objectifs de valoriser la profession enseignante et de lui attirer les meilleurs candidats. Le processus de valorisation a emprunté plusieurs voies dont les plus importantes sont sans doute:

  • le transfert des programmes de formation aux universités,
  • la hausse de la durée générale de la formation,
  • et surtout de celle, depuis 1994, de la formation pratique à l’enseignement,
  • l’amélioration récente de l’échelle salariale,
  • les mesures de départ assisté à la retraite,
  • le contingentement de l’accès aux programmes de formation
  • et bien d’autres dispositions prises par les pouvoirs publics en concertation avec l’ensemble des partenaires pour hausser le prestige de la profession enseignante. »

Source : Gouvernement du Québec, ministère de l’Éducation; Attirer, former et retenir des enseignants de qualité; 2003, p. 37)

Dans le passé récent (2003) ainsi qu’actuellement
Le ministère de l’Éducation (MEQ/MELS) estime qu’il aurait fallu, et qu’il faut continuer d’agir encore sur plusieurs plans. Il faudrait, notamment :

  • « reconnaître l’autonomie professionnelle des enseignants »;
  • « améliorer les conditions de travail et les salaires »;
  • « réduire le nombre d’enseignants à statut précaire »;
  • « valoriser la culture et la connaissance en général dépréciées par le néolibéralisme et la société de consommation »;
  • « faire sentir aux enseignants qu’ils contribuent à l’épanouissement des êtres humains en leur donnant accès à la culture »;
  • « faciliter leur entrée dans le métier » afin d’éviter l’échec et la déception et leurs retombées sur l’image de la profession;
  • « faire connaître la vraie nature du métier aux médias » qui en diffusent une image négative;
  • « y maintenir un bon équilibre entre les hommes et les femmes »;

Il faudrait aussi :

  • « alléger la tâche »
  • et la moduler afin de permettre à certains enseignants de consacrer du temps à d’autres activités comme l’encadrement des stagiaires ou la participation à des recherches avec des universitaires,
  • « faire ressortir les forces de la carrière »;
  • et enfin, « établir une stratification salariale en fonction de la complexité de la tâche multipliant ainsi les possibilités d’avancement dans le métier »
  • Source : Gouvernement du Québec, ministère de l’Éducation; Attirer, former et retenir des enseignants de qualité; 2003, p. 37)

    Malgré toutes ces tentatives il demeure que, au Québec, l’enseignement possède tout au plus, à l’heure actuelle, un statut de semi-quasi profession apparenté et que les enseignantes et les enseignants se sentent sévèrement jugées/s et critiquées/s tout en n’étant pas suffisamment reconnues/s à leur juste valeur. Selon le Conseil supérieur de l’éducation « un malaise persistant [existe chez les enseignantes et les enseignants qui se perçoivent comme] » : DES PROFESSIONNELS EN MAL DE RECONNAISSANCE » (Conseil Supérieur de l’Éducation. Un nouveau souffle pour la profession enseignante, Avis au ministre de l’Éducation, septembre 2004, p. 33)

    Ce que les instances gouvernementales et tous les organismes qu’on retrouve dans le système d’éducation au québécois ont été incapables de faire, sur une période de plus d’un demi-siècle (1950-2011), en ce qui concerne notamment le rehaussement du statut socio-professionnel de la semi-quasi profession enseignante ainsi que celui des enseignantes et des enseignants, l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (fondé en 1996) a atteint cet objectif en moins d’une décennie. En Ontario, le statut de la profession enseignante ainsi que celle des enseignantes et des enseignants, sont nettement plus élevés et respectés à la fois sur les plans socio-professionnel, légal et social. La raison d’être de tout Ordre professionnel, y compris celui des enseignantes et des enseignants, c’est de protéger le public. L’Ordre se préoccupe de veiller à ce que les droits, devoirs et obligations qui concernent la profession enseignante ainsi que ses membres soient respectés à l’échelle collective et individuelle. La présence de l’Ordre des enseignantes et des enseignants contribue aussi au rehaussement de leur statut sur le plan social, même si tel n’est pas l’objectif visé par la création d’un ordre professionnel.

    Sous l’hyperlien ci-bas, on verra comment ce travail s’est fait en Ontario…

    À la fin des années 90, bon nombre d’enseignantes et d’enseignants de l’Ontario ne sentaient aucune reconnaissance, ni aucun respect, et ils/elles se voyaient comme la cible d’attaques de toutes parts.

    « Nous avons parlé des raisons qui les ont incités à choisir cette profession et de leur dévouement envers les élèves. Nous nous sommes demandé comment ils pouvaient faire aussi bien leur travail compte tenu de tous les problèmes à régler quotidiennement, du sérieux de leur responsabilité, des nouvelles obligations qu’on leur impose sans cesse, du besoin difficile de demeurer à jour dans les matières qu’ils enseignent et sur la recherche récente. Par ailleurs, les élèves nous ont dit de manière non équivoque que certains enseignants et enseignantes étaient insensibles, mécaniques, inflexibles, qu’ils refusaient toute responsabilité, que certains avaient « pris leur retraite au travail ». Même si une seule personne correspond à ce portrait, c’est déjà trop. Mais nous savons aussi, d’après notre expérience, que cette description ne vise qu’une petite minorité. Étant donné l’importance que nous accordons à la transparence en éducation tout au long du rapport, nous suggérons que les éducatrices et éducateurs soient plus responsables par rapport à chaque élève qui échappe au système. » (Magazine de l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario; Pour parler profession; juin 1999)

    Beaucoup d’enseignants et d’enseignantes de l’Ontario estimaient, en 2003, que le public ne comprenait pas la complexité de leur travail.

    « Dans l’ensemble, 92% des répondants estiment que le public ne comprend pas la complexité de leur travail. Quarante-neuf pour 100 sont d’avis qu’une campagne de communications exhaustive s’impose pour mieux faire connaître la profession enseignante. Comparativement à d’autres professionnels, comme les médecins, les enseignants de l’Ontario considéraient ne pas avoir la couverture médiatique qu’ils méritaient (88 %). Mais peuvent-ils promouvoir davantage eux-mêmes leurs réalisations? 80 pour 100 pensent que oui; 19 % pensent que non. » (Magazine de l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario; Pour parler profession; septembre 2003, p. 15)

    En 2003, l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario a grandement contribué à protéger et à rehausser la réputation de la profession en ne certifiant que les personnes qui sont qualifiées pour enseigner, qui comprennent et respectent les normes d’exercice et de déontologie de la profession et qui défendent ses règles de conduite professionnelle.

    « Le vent de changement qui souffle sur l’éducation depuis plusieurs années a souvent mis à l’épreuve la détermination des enseignants. Les critiques et les défis se multiplient. Néanmoins, de bien des façons, nos élèves n’ont jamais été aussi bien servis. Et c’est grâce aux enseignants de la province, ceux-là mêmes qui sont membres de l’Ordre. Les éducateurs de l’Ontario, de par leur savoir, leur compétence et leur bienveillance, ont établi des normes d’éducation et de service qui font l’envie du monde entier. L’Ordre travaille fort pour protéger et rehausser la réputation de notre profession en ne certifiant que les personnes qui sont qualifiées pour enseigner, qui comprennent et respectent les normes d’exercice et de déontologie de la profession et qui défendent ses règles de conduite professionnelle. » (Magazine de l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario; Pour parler profession; septembre 2003, p. 15)

    En outre, l’Ordre a travaillé et travaille constamment à façonner l’avenir de la profession même.

    « Il est grand temps d’envisager la technologie pour l’enseignement à distance des programmes de formation initiale et de perfectionnement professionnel et d’étudier diverses possibilités quant aux programmes d’insertion professionnelle. » (Laframboise, Marylin (présidente) et Doug Wilson (registrateur); Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario; Magazine de l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario; Pour parler profession; juin 2003; p. 2-3)

    Selon les membres de l’Ordre des enseignantes et des enseignantes de l’Ontario…

    « c’est d’abord par idéalisme et altruisme que les enseignants ont choisi leur profession. Et ce sont ces mêmes ces valeurs qui continuent d’animer leur désir d’améliorer l’apprentissage et l’enseignement. Le sondage mené par l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario sur l’état de la profession brosse un portrait éloquent de la confiance des enseignants par rapport à l’éducation et de ce qu’ils pensent de la participation des parents. Vouées par-dessus tout à l’apprentissage et à la réussite des élèves, les enseignantes aimeraient que la société appuie davantage l’éducation. Les enseignants veulent qu’on respecte et apprécie leur travail, déclare M. Wilson. Ils veulent qu’on défende plus ardemment leurs intérêts et se disent troublés par le conflit systémique qui semble atténuer ce qu’ils font pour les élèves. L’Ontario a de la chance d’avoir un groupe de professionnels altruistes et dévoués, fiers de leur travail et de leur école. Ils s’inspirent de l’étincelle qu’ils font naître chez les jeunes et voient les parents comme des partenaires indispensables à la réussite des élèves. Cette étude ne fait que confirmer les valeurs et les opinions des enseignants. En prenant connaissance de ces résultats, les parents verront que les enseignants veulent la même chose qu’eux : ce qu’il y a de mieux pour les enfants de l’Ontario. » (Magazine de l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario; Pour parler profession; septembre 2003, p. 16)

    La présence de l’Ordre des enseignantes et des enseignants contribue à rehausser aussi leur statut sur le plan social même si tel n’est pas l’objectif visé par la création d’un ordre professionnel.

    En 2004, on a constaté en Ontario une hausse de confiance des enseignantes/s envers leur profession et elles/eux-mêmes.

    « Les enseignants continuent de penser que la profession (79%), leurs écoles (80%) et eux-mêmes (89%) se débrouillent bien. Le degré de confiance est particulièrement élevé chez les enseignants francophones (90 % par rapport à 79% chez les anglophones) et ceux qui enseignent dans les écoles de langue française (91%). Le niveau de confiance dans la profession enseignante en général est particulièrement élevé chez les francophones : 90% d’entre eux l’ont évalué à 5 ou 4, avec une moyenne de 4,4 (91% des participants qui travaillent dans un milieu scolaire francophone l’ont évalué à 5 ou 4, avec une moyenne de 4,3%), comparativement à 79% chez les anglophones pour une moyenne de 4,1. » (Magazine de l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario; Pour parler profession; septembre 2004)

    Enfin, on ne peut que se réjouir du fait qu’on enregistre une certaine hausse de la confiance dans l’éducation publique en Ontario, à la fois chez les enseignantes et les enseignants, ainsi que de la part du public.

    « Comme l’an dernier, la vaste majorité des enseignants ont déclaré que leur principale source de satisfaction professionnelle était d’aider les élèves à apprendre et à s’épanouir (80 %), puis de voir de leurs propres yeux les résultats de leurs efforts (22 %) et de recevoir des commentaires positifs des élèves et de leurs parents (11 %). La plupart des enseignants se sentent appréciés de leurs élèves, continuent d’aimer leur profession et recommanderaient l’enseignement à d’autres personnes. Les Ontariens semblent satisfaits de leurs enseignants. Ainsi, 61 % des répondants du public ont déclaré que des enseignants les avaient inspirés à travailler fort à l’école et 58 % ont dit qu’ils avaient été une source d’inspiration les ayant aidés à réussir dans la vie. « Cette étude importante met en parallèle les opinions des enseignantes et enseignants et des parents d’une manière qui réconfortera et stimulera la profession », a déclaré Marilyn Laframboise, présidente du conseil de l’Ordre. C’est rassurant de voir que le public respecte le travail des membres de la profession peut-être plus que les enseignantes et enseignants ne le croient. « Le public nous a dit que les enseignantes et les enseignants font du bon travail, qu’ils inspirent leurs enfants à exceller et que la qualité de l’éducation s’améliore. À l’instar de la profession, le public a à cœur la réussite des élèves, mais il veut être rassuré et demande des comptes. » (Magazine de l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario; Pour parler profession; septembre 2004)

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8 réponses à Des écarts de perception chez les enseignants qui génèrent des hypothèses

  1. Je vous remercie de nous avoir donner à lire cet article que j’attendais avec hâte.
    Je suis plutôt favorable à l’idée de créer un ordre des enseignants au Québec à l’instar de l’Ontario.
    Je constate que votre argumentaire en faveur de la création d’un ordre – qui pourrait améliorer la confiance des enseignants et du public envers la profession en plus de protéger le public – repose uniquement sur des données publiées par l’Odre ontarien.
    Comme toute enquête ou étude ne peut être parfaitement objective, les faits que vous rapportés gagneraient certainement en force s’ils étaient soutenus aussi par des données recueillies par d’autres instances ou institutions ontariennes.
    Cela dit, ce billet et les deux autres qui l’ont précédé m’ont donner du grain à moudre!

  2. Avatar de Mario Asselin Mario Asselin dit :

    Merci de ces bonnes paroles Véronique. L’argumentaire n’est pas terminé… loin de là!
    Nous avons (René et moi) plusieurs autres billets dans le collimateur.
    Et sûrement, plusieurs conversations à animer, sous plusieurs angles. Pour moi, la création d’un Ordre professionnel pour les enseignants n’est pas une fin en soi, mais un moyen de résoudre certains problèmes récurrents dont celui lié au manque de valeur perçu/réel dans la profession enseignante.
    À suivre…

  3. Avatar de Mario Asselin Mario Asselin dit :

    J’ajoute… un exemple récent dans l’actualité. Ça illustre une problématique dans un tout autre domaine que l’enseignement, liée tout de même à la prise de parole publique d’un porte-parole syndical. Plusieurs ont vu par l’intermédiaire des médias sociaux cette histoire d’un chauffeur d’autobus de la STO filmé à son insu. La Société de transport de l’Outaouais (STO) a réagi en sanctionnant la conduite de son chauffeur. On apprend aujourd’hui que le syndicat contestera la sanction: « « Toutes les femmes se sont déjà maquillées alors qu’elles conduisaient sur l’autoroute et les jeunes envoient sans cesse des messages textes alors qu’ils sont au volant », souligne M. Gendron » (président du syndicat des chauffeurs et mécaniciens). C’est le devoir d’un syndicat de protéger ses membres; pas de problème avec l’intervention du président. Mais qui s’occupe des aspects professionnels dans cette histoire? Quel message cette déclaration envoie au sein du grand public sur la valeur du travail des chauffeurs d’autobus et sur la perception «grand public» de la compétence des chauffeurs?

  4. Avatar de LucPapineau LucPapineau dit :

    Le problème de ce billet est qu’il pose une question pour laquelle vous soumettez une réponse sans formuler de thèses et de contrethèses. Et les hypothèses que formulent certains organismes pour expliquer l’écart dont vous parlez en introduction sont teintées par leur biais «idéologiques», si je puis dire. De plus, vos dix première hypothèses sont reformulées par le CSE qui, lui-même, a son propre agenda. Nulle part, on indiquera que le CSE fait partie intégrante du problème et je le vois mal trouver une solution qui le remette en question.
    Je vois mal aussi en quoi les mesures de départ assisté à la retraite ont valorisé la profession. Au contraire, elles sont l’une des causes du chaos qu’on connait dans ce domaine. De même, évoquer le contingentement de l’accès aux programmes de formation comme mesure de valorisation est plutôt ironique quand on sait que les contingents sont rarement atteints. Ça manque de sérieux.
    Dans la même veine, le MELS a beau indiquer qu’il doit continuer d’agir sur plusieurs plans, il suffit de prendre connaissance de quelques-uns de ceux-ci pour être convaincu que rien ne bougera sous peu en ce qui a trait à ces derniers pour des raisons économiques et d’organisation du travail.
    Enfin, on attribue le rehaussement du statut des enseignants en Ontario à la création d’un ordre professionnel. Or, vos informations ne proviennent que d’une seule source, cet ordre lui-même, et ne montrent pas concrètement cette hausse.
    Je ne sais pas si je suis en faveur ou non d’un ordre professionnel, mais cette démonstration me laisse sur ma faim.

  5. Avatar de Mario Asselin Mario Asselin dit :

    Cette démonstration ne comble pas tous les appétits… j’en suis certain. Nous n’en sommes qu’au stade de l’apéritif !

  6. Marc st-pierre dit :

    Il faudrait aller lire ce qu’on a mis en place au plan pédagogique en Ontario pour comprendre le rehaussement du statut des enseignants: interventions précoces en littératie et numératie, formations intensives pour les enseignants sur les approches efficaces, mises en place de communautés d’apprentissage professionnel orientées vers l’analyse des résultats et la recherche de solutions valides, etc. Les jeunes ontariens réussissent mieux, la population ontarienne le reconnaît et en attribue le mérite aux enseignants et aux directions des écoles.
    Ces mesures ont fait beaucoup plus que ce que ne pourra jamais faire un ordre. La job d’un ordre, c’est fondamentalement de protéger le public, notamment en s’assurant que les actes professionnels posés répondent à des critères élevés de qualité. Ce n’est pas le rôle d’un ordre, il me semble, de développer et actualiser des plans d’action comme celui décrit ci-haut. Ce serait cependant son rôle de dénoncer des approches improductives qui seraient mises de l’avant dans le cadre de vastes plans d’action.
    Luc: Je comprends mal votre point de vue par rapport au CSE? J’ai présidé, au début de ses travaux, la commission mixte primaire-secondaire qui a produit l’avis sur la profession enseignante. Mon collègue Robert Céré a ensuite pris la relève. J’ai participé à l’élaboration de l’avis et à son adoption définive au Conseil. Alors, j’essaie de comprendre, dans ce cas précis, quel était l’agenda caché… En tout cas, il devait être bien caché, je ne l’ai jamais vu…

  7. Avatar de Mario Asselin Mario Asselin dit :

    J’ai lu le commentaire de Luc très rapidement cette nuit avant de partir pour la Gaspésie et en relisant, je m’explique mal moi aussi la référence au fait que le CSE aurait « son propre agenda ». Luc pourra sûrement nous expliquer ce qu’il avait en tête…
    Marc, je conviens avec toi que la variable de la création de l’Ordre n’est pas la seule à pouvoir expliquer les constats décrits pour l’Ontario.

  8. Avatar de LucPapineau LucPapineau dit :

    Tout d’abord, un mot pour dire que l’intervention de M. St-Pierre à l’égard des initiatives en Ontario est très pertinente. L’impact de la création d’un ordre professionnel est sûrement plus minime que certains pourraient le croire. Un seul bémol: la quête de la réussite a mené certaines institutions ou individus à adopter des comportements peu éthiques.
    Concernant l’expression «agenda caché», le terme est malheureux et peu fidèle à ma pensée au fond. Quand j’écrivais mon commentaire, je cherchais de meilleurs termes, mais je n’en trouvais pas. Il serait plus juste de dire que le CSE est «idéologiquement orienté». Il favorise certaines pensées en éducation (on l’a vu avec la réforme, le bulletin, etc.). Bref, le CSE est loin d’être un organisme neutre et représentatif des multiples opinions en éducation.
    À ce sujet, certains aspects de cet organisme sont peu connus. Qui y est nommé et selon quels critères? Existent-ils des avis du CSE où certains de ses membres ont exercé un droit à la dissidence?

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