Luc Boivin… enfin à l’avant-scène

Il fallait venir en Gaspésie pour que l’homme-orchestre derrière tant de musiciens vedettes accepte de prendre l’avant-scène. Le spectacle d’hier soir portait son nom, « Luc Boivin et les musiciens de Belle et Bum ». Le spectacle a attiré la plus grosse foule du week-end et même s’il n’acceptera pas de prendre le crédit pour la réussite de la soirée d’hier, plusieurs savent que la direction « du tapageur » permet toujours à chacun de s’exprimer pleinement dans un cadre à la fois souple et très organisé.
J’ai rencontré Luc Boivin quelques minutes avant le spectacle. Au bras de celle qu’il va épouser dans deux semaines, il était détendu et avait le goût de discuter de musique, de numérique et de toutes ces bonnes choses qui traversent la vie de celui qui est « dans le domaine » depuis près de quarante ans. « J’ai toujours été derrière tout le monde; c’est peut-être pourquoi je suis encore là après autant d’années? Les gens me regardent souvent en me disant « me semble que je vous connais vous? ». C’est très bien comme ça… » Mais hier soir sur les planches de la Scène Loto-Québec du FMBM, il a saisi le micro à quelques reprises; j’ai l’impression que c’est une sorte de nouveau départ pour lui!
Il anime lui-même sa page Facebook me disait-il parce qu’en étant soi-même aux commandes de ce genre de moyen de communication, on conserve l’intimité et c’est ce qui importe ». Il faut dire qu’un grand projet a vu le jour dans la vie de Luc Boivin et il s’investit totalement : créer une grande école, nationale, de percussion axé sur le métissage, ce qui a toujours été sa marque de commerce avec Beau et Chaud aussi bien que chez Belle et Bum.

« L’intérêt et la curiosité des jeunes sont remarquables. Le nombre de festival ayant pour thématique la « musique du monde » en est un signe qui ne ment pas. Internet a fait en sorte que les gens se sont ouverts à ce qui se fait ici et ailleurs. Quand on n’a pas peur de servir de la musique de qualité, les gens embarquent. Prenons l’exemple de Beau et Chaud puis de Belle et Bum… les gens ont très bien réagi même si on s’éloignait de la pop. Depuis quelques mois, j’ai ouvert ma propre école. J’enseigne la migration des rythmes. J’étais le directeur pédagogique et le porte-parole de Samajam, je suis à l’UQAM et le tout a commencé au Cégep St-Laurent à partir de la demande des jeunes… Il était temps que je me lance avec ma propre gouverne. »

Luc Boivin a les yeux ronds quand il parle des autres projets qui sont devenus de vrais laboratoires. Il fait également de la musique de film avec son copain Pierre Grimard (Le train du massif : trois heures de musiques originales… Le hockey dans la peau, etc.). « La télé c’est bien, mais je tiens beaucoup à ces nouveaux lieux d’expression. Aussi, je reçois tellement de feedback des jeunes ». L’ancien membre du groupe Uzeb fait beaucoup moins de tournées. Paradoxalement, il n’était jamais venu à Gaspé.

Pour ce qui est du virage numérique… c’est un long processus qu’il a entrepris voilà plus de vingt ans. Maintenant, il raffine sa compréhension à l’aide de son garçon, Louis Thériault-Boivin alias, Wicked Fat Noize. « Ça fait déjà deux fois qu’il est joué par la BBC, j’en suis très fier ».

Au sortir de ma rencontre avec ce pionnier de la musique du monde au Québec, j’avais le sentiment d’avoir rencontré un nouveau Luc Boivin. L’âme musicale du show d’hier soir sortait de l’ombre tout en conservant le respect de chacun qui continuait à le regarder avec beaucoup de respect, autant avant, pendant qu’après le spectacle.

Longue vie aux projets de Luc Boivin… Qui sait si Gaspé aura contribué à révéler une nouvelle harmonique de cet homme de très grand talent ?

N.B. Ce billet a également été publié sur le blogue du Festival Musique du Bout du Monde

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