Quitter ce qu’on aime…

C’était mon dernier jour de travail chez Opossum aujourd’hui. Je suis revenu à la maison animé par la conviction que ce que je prépare depuis plusieurs mois arrive à point nommé. Tous les mandats sont entre bonnes mains et je peux maintenant plonger à temps plein dans mes nouvelles fonctions !

Reste que tourner la page sur sept ans de pur bonheur au travail ne sera pas une mince tâche. Je me souviens qu’au lendemain de ma dernière journée en tant que directeur d’école en juin 2005 j’avais éprouvé le même sentiment de vertige devant le nouveau défi qui m’attendait.

Une deuxième transition professionnelle majeure donc…

Du milieu scolaire où j’étais le patron à l’entreprise où les organisations qui ont fait appel à mes services n’étaient en rien obligé de m’écouter, j’ai appris qu’on peut influencer de bien des façons dans la société et que ce n’est pas le titre que tu portes qui t’assure de devenir l’artisan d’un véritable changement. « Lead, follow, or get out of the way ».

Je m’engage maintenant dans une démarche partisane. Je reprends du service dans un rôle où le regard des gens s’accompagne parfois d’un petit air suspect : l’envers qui vient avec le fait de solliciter un poste comportant un certain pouvoir.

Je devrai apprivoiser de nouveau. La direction d’une école aussi comportait un peu d’adversité…

J’ai vendu mes actions iXmédia. J’ai quitté tous les conseils d’administration dont j’étais membre. Je n’ai plus d’attache professionnelle autre que celle qui me lie au parti que j’ai choisi et qui m’a fait l’honneur de sa confiance. J’entre en politique active d’un pas assuré.

À entendre les réactions de tous et chacun, je vois bien que je n’ai surpris personne avec mon choix de poursuivre ailleurs, au terme de ces sept années à innover : ma propension à vouloir changer le monde me porte naturellement vers l’action politique. Je ressens l’appui des gens en même temps que plusieurs ont conservé une distance avec mes choix partisans. Je quitte aujourd’hui une entreprise dont les dirigeants ne font pas de politique. C’est très bien ainsi. Tout comme mes clients, ils m’ont fait sentir qu’ils respectaient mon choix, qu’ils saluaient « mon courage ». Ça en prend, semble-t-il…

J’ai le coeur léger. J’ai le champ libre pour m’engager à fond, le sentiment du devoir accompli, mes convictions pouvant s’exprimer sans risque de décevoir ou de susciter des attentes.

Ou peut-être celles de rester celui que j’ai toujours été, de relever les mêmes défis qu’au temps de la direction d’école qui se sont prolongés en entreprise : valoriser les apprentissages, la bonne gouvernance, ensemble, au service du mieux-être et du mieux faire. Chercher à apprendre et à faire apprendre !

Je prends quelques jours de vacances en regardant du coin de l’oeil l’actualité, sans négliger les derniers préparatifs pour la campagne à venir.

Pour bien gérer le vertige, l’expérience m’a appris à regarder au loin.

Mon rétroviseur est plein de belles réalisations, mais je suis concentré sur ce qui est devant.

Si je quitte ce que j’aime, je garde le cap sur le plaisir de découvrir un autre univers fascinant.

La même destination, un itinéraire différent où il y aura davantage de turbulences, un véhicule puissant mais complexe et d’autres compagnons de voyage : c’est ce qui m’attend !

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Une réponse à Quitter ce qu’on aime…

  1. Avatar de Guy Vézina Guy Vézina dit :

    Je ne peux que te souhaiter la meilleure des chances dans cet univers parsemé de pièges! J’admire ton courage.

    Amicalement,

    Guy Vézina

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