La transparence du gouvernement Couillard

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec dans la section « blogue ».

Un des premiers gestes du nouveau gouvernement libéral a été de promettre le 24 avril dernier la publication systématique de l’agenda du premier ministre, dans le cadre de ses fonctions officielles.

À l’émission Tout le monde en parle du dimanche 4 mai, on a aussi appris que la nouvelle vice-première ministre Lise Thériault en ferait de même. Elle a sous-entendu que tous les ministres auraient avantage à décoder par ces annonces un incitatif à agir d’aussi bonne manière avec leur propre agenda.

On s’entend, le rendez-vous chez le dentiste ne nous intéresse pas, ni ce qui concerne la famille proche de nos gouvernants. Pas de nos affaires ! On parle de leurs activités professionnelles…

Peu de médias ont semblé intéressés à diffuser cette « bonne nouvelle ». J’ai vu passer un gazouillis de Christian Latreille de ICI Radio-Canada et un article sur le site de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, sans plus. Il faut dire que la divulgation proactive de données et de renseignements qui sont d’intérêt public n’est pas encore un phénomène « grand public ». Pas de grosse manif jusqu’à maintenant pour exiger ce genre de renseignements. Pourtant…

Quelques agendas publics de chefs d’État d’ailleurs sont déjà disponibles, dont aux États-Unis et en France, en particulier. Devenons leader au Québec sur ce genre de pratique…

Le président d’une assemblée consultative française (Jean-Paul Delevoye – CESE) a bien résumé l’enjeu quand il a récemment affirmé que « la transparence n’est pas une vertu, mais une modernité de l’action publique ». Savoir qui nos gouvernants rencontrent et quand, peut s’avérer un excellent point de départ vers la diminution du cynisme des citoyens envers les élus. Ce n’est pas une fantaisie, c’est aujourd’hui une nécessité !

L’objectif de devenir transparent et responsable commence par un geste de cette nature et il faut saluer l’initiative de notre premier ministre et de notre vice-première ministre. Je suis de ceux qui surveilleront attentivement les ministres du gouvernement sur ce point. Je sais bien qu’il faut leur donner un peu de temps, mais j’espère que les journalistes de la Tribune parlementaire s’intéresseront aussi au dossier.

Dans le contexte où les attentes sont très élevées sur le plan de l’intégrité, dans celui où une réécriture complète de la loi d’accès à l’information s’impose, les médias ont le devoir de stimuler la demande pour plus de transparence au gouvernement.

Pourquoi l’obligation de publier « par défaut » les informations/données publiques ne fait-elle pas encore partie des moeurs ?

Au moment où on cherche à diminuer les dépenses et la bureaucratie, pourquoi faut-il encore multiplier les demandes d’accès (encadrées par une loi devenue désuète), et devoir à chaque fois stimuler « la machine » à paperasse, alors qu’il serait si simple de définir au départ tout ce qui n’est pas public (et doit nécessairement demeurer « secret », par nécessité) et s’orienter résolument vers la divulgation proactive ?

Pour s’assurer que les promesses de M. Couillard et de Mme Thériault donnent des fruits – dans ce gouvernement de « la vérité et de la réalité », chaque citoyen doit suivre la trace de ces informations et réclamer de chaque ministre la même discipline.

La balle de la transparence est dans notre camp !

N.B. Autre éditorial ce matin qui porte sur le même sujet, « En finir avec l’opacité » : « En transparence, l’heure est venue de passer de la parole aux actes. L’État ne devrait plus craindre ses citoyens ».

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