Le vocabulaire de la transparence

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec dans la section « blogue ».

Le 24 avril dernier, un communiqué issu du bureau du premier ministre annonçait « une série de mesures visant à renforcer la transparence de l’État et des façons de faire du gouvernement » :

« Nous nous engageons à donner aux citoyens le gouvernement le plus transparent et ouvert qu’ils auront eu au Québec ».

Depuis ce moment, tout est prétexte pour exiger du gouvernement Couillard de la transparence.

À raison. Le gouvernement Couillard a mis la barre très haute.

Mais la suite des événements s’avère décevante…

D’abord cette tentative d’obtenir les cahiers de breffage des nouveaux ministres. On a immédiatement parlé d’un premier test raté de transparence! On invoque la promesse d’un « premier gouvernement véritablement ouvert ». Je ne suis pas certain qu’un gouvernement ouvert doit transmettre ce genre de document, mais bon…

Dans la saga des évasions en hélicoptère, on réclame à grands cris davantage de transparence du système judiciaire et correctionnel, ce qui a un impact direct sur la gestion politique des événements. Ce matin, Philippe Couillard et Lise Thériault semblent eux-mêmes insatisfaits des réponses qu’ils obtiennent à l’interne et la communication aux oppositions officielles et au public à travers les médias en souffre.

Aujourd’hui, le Vérificateur général par intérim Michel Samson en remet : Hydro-Québec empêcherait « la recherche d’une plus grande transparence et d’une efficacité accrue de l’administration publique ».

La demande de transparence est à la hausse et l’offre semble diminuer.

Ne serait-il pas temps de définir ce qu’on voulait dire exactement par cette promesse d’un gouvernement transparent et ouvert?

Dans le fameux communiqué du début de mandat, il a été question en particulier de divulgation proactive – dont les agendas du PM et de la vice PM, mais plusieurs ont compris que cette prise de position allait beaucoup plus loin et toucherait la nécessaire réécriture de la loi d’accès à l’information et l’établissement de nouvelles pratiques en matière de gestion des communications s’apparentant à celles compatibles avec le concept de gouvernement ouvert (vidéo).

Le gouvernement a lui-même mis l’emphase sur le thème de la transparence et il aurait avantage à rapidement préciser ce qu’il entendait faire exactement de ce côté, sans quoi, il s’expose à ce qu’à chaque refus de transmettre une information, à tort ou à raison, on lui remette sous le nez sa promesse.

Sur le concept des gouvernements ouverts et transparents, je suggère cette vidéo diffusée au moment du rapport Gautrin sur les grandes lignes de ce que pourrait être un gouvernement ouvert au Québec…

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