Les jeunes rêvent encore d’amour, d’enfants et de fidélité

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section « blogue ».

La documentariste Sophie Lambert a suivi pendant huit mois six jeunes célibataires âgés de 19 à 24 ans pour comprendre comment leurs usages du numérique modifiaient leur approche des relations amoureuses. Le résultat sera présenté en deux parties, ce soir et demain sur Télé-Québec, dans le film L’amour au temps du numérique. Si de nouveaux modes de séduction et de rencontres émergent, il semble que le rêve des jeunes adultes ne change pas vraiment. Me voilà rassuré !

On a pu voir trois des participants et la cinéaste, hier soir à l’émission tout le monde en parle. Stevo, Sandrine et Stef avaient beaucoup à raconter et ils ont vraiment captivé l’attention des téléspectateurs. À ce stade-ci, n’ayant pas vu l’ensemble du documentaire, je ne peux exprimer d’opinion sur l’oeuvre, mais je suis suffisamment intrigué pour être de ceux devant l’écran ce soir pour les deux épisodes diffusés à partir de 21h

Mon premier réflexe demeure d’éviter de généraliser à tous les jeunes d’aujourd’hui, le témoignage de ces six jeunes adultes. Je reconnais que les usages du numérique en 2015 sont éclatés et que je n’ai pas l’âge qui me permettrait de bien circonscrire l’ampleur de ce qui se passe via Instagram, Tinder, Badoo, Snapchat et Facebook. Je demeure cependant convaincu que la présente génération d’adolescents passe par à peu près les mêmes expériences de découverte de la sexualité et de l’amour que les précédentes.

Une internaute a très bien résumé mon sentiment hier soir au terme du segment chez Guy A…

Certes la facilité déconcertante avec laquelle on peut fleurter sans s’investir sérieusement en utilisant des applications Web paraît décevante, mais je ne suis pas prêt à dire que les jeunes en général sortent plus brisés ou désabusés qu’auparavant de leurs expériences.

La plus récente peine d’amour est toujours la plus terrible à vivre… et la plus difficile à consoler.

Au Journal, on écrivait cette fin de semaine que « cette génération [Tinder] n’est pas tellement différente de celles qui l’ont précédée ». Les technologies d’aujourd’hui provoquent bel et bien un important « clash générationnel », mais les échecs amoureux et le sentiment de rejet ne sont pas nés d’hier…

« C’est clairement le cas d’une génération qui a créé les technologies et de l’autre qui s’en sert. Les jeunes ont perdu leurs repères. Ils n’ont pas de modèle. Personne ne peut leur apprendre comment gérer leur quête amoureuse dans cet univers d’applications parce que personne n’y a goûté avant. Ils y vont donc à tâtons. Et ils cumulent les échecs amoureux. C’est dur comme apprentissage. »

La recherche sérieuse de partenaires a toujours été compliquée pour les jeunes plus pressés de découvrir l’amour. Encore pire pour les mal-aimés, je dirais.

De tout temps, les jeunes ont privilégié les confidences à leurs pairs. On a beau dire, mais ça n’a jamais été à la mode de se confier à ses parents. Apprendre « à gérer les quêtes amoureuses », applications numériques ou pas, ça s’est toujours fait en passant par les mêmes chemins tordus d’essais et d’erreurs qui provoquent parfois des maladies infectueuses, des grossesses non-désirées ou le sentiment répété d’être à la mauvaise place au mauvais moment.

Il y a des exceptions, quelques belles histoires d’amour qui durent, aujourd’hui comme hier, mais on a souvent le don de répéter les mêmes expériences de génération en génération pour apprendre la vie « à la dure ». J’en connais même à qui ça prend toute une vie pour éviter de toujours retomber dans les mêmes pièges…

Ça ne diminue en rien l’intérêt du documentaire de ce soir sur l’amour à l’ère des téléphones intelligents qui montre sûrement qu’en 2015 on invente des nouveaux moyens de se retrouver « seuls, ensemble »…

La couverture de presse en amont de la diffusion est abondante (1, 2, 3, 4, 5), mais la critique laisse voir « exceptions, généralisations et déceptions ».

Le rendez-vous de ce soir reste incontournable pour ceux et celles qui aiment à mieux comprendre les moyens modernes de se placer dans l’eau chaude et de trouver du trouble.

L’amour se découvre lentement, doucement et demeure le rêve ultime.

La nature humaine qui pousse à aller toujours plus vite dans un univers qui le permet de plus en plus est fascinante.

Heureusement, on retombe toujours sur ses pieds, la plupart du temps pour enfin rencontrer l’âme soeur !

Mise à jour du 2 décembre: Ma chronique de ce mercredi sur BLVD 102,1 FM a porté sur le documentaire « L’amour au temps du numérique »…

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