Dominique Anglade doit rencontrer Dominique Anglade

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section du blogue des «spin doctors».

Non seulement le nouveau Conseil consultatif sur l’économie et l’innovation formé par Dominique Anglade ne tient-il pas en compte l’expertise des entrepreneurs de la région de la Capitale-Nationale, mais il évacue complètement l’apport potentiel des technologies de l’information et des jeunes pousses de la nouvelle économie.

La composition du comité présidé par Monique F. Leroux (présidente du conseil d’administration d’Investissement Québec) n’a de cesse de créer la polémique. Plus on en analyse le tissu, plus on réalise que la courtepointe est déjà pleine de trous.

Le sujet du manque honteux de participants provenant de la région de Québec a été largement dénoncé par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec et plusieurs autres intervenants. Ce matin, Karine Gagnon du Journal en rajoute une couche alléguant qu’il montre « Un gouvernement qui méprise Québec ».

Une autre dimension de l’analyse qui me semble être passée inaperçue concerne la vision de l’économie et de l’innovation qui transpire de sa composition. L’expression qui collerait le mieux à part « montréalocentriste » serait « vieille économie ».

Si le gouvernement Couillard voulait par cette initiative démontrer sa non compréhension du rôle des technologies de l’information dans la vitalité de l’économie de demain, c’est maintenant fait.

La gestion de l’information est le principal carburant de l’économie de demain. Qui en a pris conscience au gouvernement ?

On n’a qu’à penser au bordel informatique actuel, bien documenté au Journal

Alors que nous ne pouvons compter sur un vrai Dirigeant Principal de l’Information au gouvernement (DPI). Il ne fait que gérer les technologies.

Alors que le gouvernement est incapable de véritablement relever le défi de l’externalisation informatique dans sa cour. Il ne fait que reproduire les vieilles façons de faire.

Alors que la Loi sur l’accès à l’information est toujours aussi vieille et dépassée et qu’on est incapable de la réformer, malgré le consensus politique existant depuis plusieurs années. Le passage d’une culture du « secret par défaut / ouvert par nécessité » à une autre « ouvert par défaut / secret par nécessité » est urgent.

Alors que l’écosystème des jeunes pousses est en croissance, que les espaces de coworking et la mutualisation des bonnes pratiques par des incubateurs / accélérateurs d’entreprises bien en place est en émergence. À Québec en particulier, on a tout ce qu’il faut pour en faire la démonstration.

Comment se fait-il que ces réalités ne se reflètent pas dans la composition du Conseil consultatif sur l’économie et l’innovation ?

Et je ne parle même pas du rôle que pourrait jouer l’économie des plateformes dans la croissance économique de demain au Québec. N’a-t-on pas appris au gouvernement du récent épisode UBER ?

Dans un monde idéal, la ministre responsable de la Stratégie numérique aurait été consultée par la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation!

Mais au gouvernement Couillard, la main gauche ne sait pas ce que fait la main droite.

Pour mieux « soutenir les entrepreneurs et les travailleurs québécois afin que notre économie soit moderne et compétitive, et qu’elle continue à se démarquer», il est plus que temps que Dominique Anglade rencontre Dominique Anglade.

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