Des forces souverainistes qui nuisent publiquement au PQ

Les temps sont durs pour le Parti québécois et les responsables ne sont pas ses rivaux naturels. Trois formations politiques qui s’affichent pour l’indépendance du Québec sont en effet parmi ceux qui causent le plus de dommage.

Le Bloc québécois
Le couronnement de Martine Ouellet à la chefferie du Bloc met en lumière une première fracture au sein des troupes souverainistes. Le chroniqueur et ex-leader syndicaliste reconnu pour ses convictions indépendantistes Réjean Parent est probablement celui qui a trouvé les mots les plus justes pour l’exprimer…

« À défaut d’être contributif dans l’union des indépendantistes, plusieurs espèreront que le Bloc ne se transforme pas en nouvelle force de nuisance contre le PQ, alors qu’il est incertain que la formation politique de madame Ouellet survive à la prochaine élection fédérale. »

Si elle persévère dans sa volonté de promouvoir le « transparlementarisme » d’ici les prochaines élections générales au Québec, elle fera mal au PQ.

Tout indique que Martine Ouellet ira de l’avant avec la double fonction (députée provinciale à l’Assemblée nationale de Québec et chef d’un parti fédéral à Ottawa) comme en témoigne son premier discours à titre de leader officiel du Bloc québécois. Devant les journalistes après l’avoir livré, «elle a ajouté que Jean-François Lisée tombe lui aussi dans le «piège de la rhétorique fédérale», lorsqu’il «émet des réserves» ou est «dérangé» par ce travail transparlementaire» (source).

Quand le Bloc endosse un message qui constitue une attaque envers Jean-François Lisée, on peut légitimement se poser la question de sa loyauté envers le Parti québécois.

Option nationale
La présence du chef d’Option nationale Sol Zanetti au couronnement de Martine Ouellet combinée à l’absence de Gilles Duceppe semblent avoir confirmé la mainmise du parti fondé par Jean-Martin Aussant sur le Bloc québécois.

Le chroniqueur Vincent Marissal rapportait cette fin de semaine l’avis de Pierre Paquette (ex-député du Bloc dans Joliette) qui semblait croire que Martine Ouellet avait « pris le contrôle » du parti, « notamment par Option nationale ». Il ajoutait ce que plusieurs observateurs ont remarqué…

« La vérité, c’est que la gang d’Option nationale, près de Mario Beaulieu [ancien chef, député de La Pointe-de-l'Île et président du Bloc], a précipité le processus pour bloquer les autres candidats et permettre à Martine Ouellet de se faufiler, dit à La Presse un militant influent. »

D’ailleurs, le chef d’Option nationale a prononcé un discours à l’occasion du rassemblement organisé cette fin de semaine pour officialiser l’arrivée de Mme Ouellet à titre de chef du Bloc.

Option nationale ne doit rien à Jean-François Lisée. Sol Zanetti (qui prévoyait en octobre dernier une victoire caquiste minoritaire en 2018) est un partisan très vocal de Martine Ouellet et il ne s’est jamais caché pour se démarquer de la décision de Jean-François Lisée et du PQ de ne pas tenir de référendum dans un premier mandat si le Parti québécois formait le gouvernement à Québec en octobre 2018.

Québec Solidaire
L’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois (GND) chez Québec solidaire a eu un effet immédiat sur la cote de popularité du Parti québécois si on se fie au sondage Léger publié samedi dernier au Devoir. La baisse de 4 points des intentions de vote au PQ n’aura rien pour ralentir les ardeurs de GND à se démarquer de Jean-François Lisée.

Marie-France Bazzo l’exprimait clairement dans sa plus récente chronique

« Il [GND] va considérablement changer la donne pour le PQ. Sa présence à QS aspirera une bonne part de ce qu’il y a de jeune et à gauche au PQ. Puisque les péquistes ont déjà remisé leurs aspirations référendaires aux calendes grecques, que leur reste-t-il pour espérer déloger le PLQ ? »

Les semaines qui viennent seront intéressantes à surveiller.

Les « mamours » de Jean-François Lisée envers Québec solidaire vont-elles se poursuivre ?

Comment la Parti québécois composera-t-il avec les députés de son parti qui ont appuyé Martine Ouellet dans sa venue comme chef du Bloc sans négocier une pacte de non-agression envers Jean-François Lisée ?

Jean-François Lisée répliquera-t-il à Zol Zanetti ou à Option nationale dans le contexte où le premier réflexe de Gabriel Nadeau-Dubois lors de l’annonce de sa venue chez QS a été de proposer un rapprochement avec le parti fondé par Jean-Martin Aussant ? Rappelons qu’ils ont été parmi les complices de l’initiative «Faut qu’on se parle».

À suivre…

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