Québec, la Sainte-Marie-la-Mauderne de la LNH

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section « blogue ».

Je lis tout ce qui s’écrit au sujet du retour des Nordiques à Québec, mais j’écris rarement sur le sujet. Le dernier épisode dans lequel le commissaire Gary Bettman évoque «la possibilité que l’équipe de Québec amorce son éventuel retour dans la Ligue nationale de hockey (LNH) dans l’Association de l’Ouest» m’a fait penser aux efforts de toute la communauté de Sainte-Marie-la-Mauderne pour attirer dans leur localité l’usine de contenants de plastique tant convoitée. Accepterons-nous encore bien longtemps tous les compromis demandés par Bettman pour l’avoir notre club ?

Le film québécois bien connu La grande séduction raconte l’histoire d’une communauté à qui on promet un avenir plus prospère si la construction d’une usine sur l’île de Sainte-Marie-la-Mauderne se matérialise. Pour ce faire, la municipalité doit pouvoir compter sur un médecin de famille en permanence. Les efforts de séduction à l’endroit du jeune médecin, Dr Lewis, pour qu’il s’établisse pour de bon sur l’île ressemble de plus en plus au vaudeville qui se joue avec Gary Bettman.

Comment pouvons-nous être aussi enthousiastes devant le peu de considération pour Québec en provenance du Commissaire de la Ligue nationale de hockey (LNH) ?

À chacune des déclarations de Bettman, on se sent toujours comme s’il fallait accepter les pires couleuvres pour « mériter » les faveurs de celui par qui passe l’obtention du club désiré.

Non seulement faudra-t-il envisager de payer un coût exorbitant d’au minimum 500 million $ pour la franchise, il a fallu débourser 10 millions $ US (dont 2 millions $ non remboursables), pour déposer sa candidature.

La ligue nationale espérait beaucoup d’intérêts face à son désir exprimé de favoriser une expansion, mais elle n’a obtenu que deux candidatures. Dans un marché où aussi peu de promoteurs se sont «qualifiés» pour la suite des choses, est-il logique de recevoir en pleine face que Québec devra s’avérer une solution aux problèmes «du déséquilibre qui persisterait entre les deux associations – on compte actuellement 16 équipes dans l’est et 14 dans l’ouest» pour espérer être considéré ?

«Inclure les Nordiques dans l’Association de l’Ouest pourrait être une solution» a affirmé au Boston Globe le Commissaire Bettman en guise de premier commentaire suite au dépôt du dossier de candidature. Même pas de «merci, on va maintenant vous prendre au sérieux».

C’est plutôt «rien n’a changé, ce sont nos intérêts d’abord qui priment».

Il faudra faire avec, quitte à apprendre le cricket pour faire plaisir à Monsieur, tant qu’à y être…

«Pas de médecin, pas de village et pas d’usine» répétait le nouveau maire du village de Sainte-Marie-la-Mauderne, Germain Lesage.

«Pas d’appui de Bettman, pas de retour des Nordiques», semble nous siffler à l’oreille le maire Labeaume.

C’est pire que ça… il faut quasiment sourire devant le mépris du Commissaire à chaque fois qu’il commente le dossier des Nordiques. Le marché américain semble le seul qui trouve grâce aux yeux du « bon Gary ».

Pourtant, «Bettman en doit une au Canada», selon Pierre Couture du Journal.

On ne peut pas dire que la LNH la donne facile au dossier de Québec, c’est le moins qu’on puisse dire…

Je comprends le jeu de la grande séduction avec les bonzes de la ligue nationale dans laquelle nous souhaitons une réintégration, mais faudra-t-il longtemps avoir l’air du monde qui est prêt à accepter n’importe quoi ?

À ce petit jeu de nous prendre pour acquise, l’opinion publique à Québec pourrait peut-être finir par bouger et devenir moins complaisante.

Bettman s’essuie les pieds sur notre candidature dans tous les médias américains et le mot d’ordre reste de garder le sourire.

J’ai perdu le miens, ça fait un p’tit bout, même si je souhaite le retour des bleus.

Combien d’entre-nous sont encore prêts à laisser des billets de cinq dollars sur le chemin de Gary Bettman pour qu’il nous trouve sympathiques ?

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