L’occasion manquée de donner du pouvoir aux écoles

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section du blogue des «spin doctors».

On se souviendra de la première moitié du mandat de Philippe Couillard au gouvernement comme d’une occasion complètement manquée d’enlever aux commissions scolaires les responsabilités qui auraient dû se trouver dans les écoles pour qu’elles puissent enfin obtenir les moyens de leur ambition pour les élèves : le succès du plus grand nombre.

Le point publié ce matin par l’Institut économique de Montréal (IEDM) vise juste : « l’autonomie des écoles constitue un pas important vers l’objectif d’une meilleure réussite scolaire ».

Quand Sébastien Proulx a été nommé ministre de l’Éducation, on aurait pu penser qu’il s’agissait de la dernière planète à s’aligner pour que les changements souhaités arrivent enfin, mais ce fut plutôt l’inverse.

Yves Bolduc, avait lié l’avenir des commissions scolaires au bas taux de participation aux élections scolaire et François Blais était allé en pleine réunion des commissaires pour leur dire que s’en était assez.

Au Forum des idées pour le Québec de septembre 2015, tout avait été fait pour établir un consensus sur l’importance de donner beaucoup plus de pouvoir aux écoles.

Cet automne 2016, on repart à zéro.

Quatrième ministre de ce gouvernement, incapable de profiter du fait que la population est prête pour des changements musclés au profit de l’école, Sébastien Proulx nous promet plutôt une nouvelle consultation.

L’IEDM est pourtant clair : « Les commissions scolaires prennent en main de nombreux aspects de la gestion … [qui] pourraient être exercées par des écoles autonomes. » Et ce serait une bonne chose pour la réussite scolaire autant que cela favoriserait « une plus grande participation des parents et des collectivités locales ».

« Or, abolir les commissions scolaires et confier plus d’autonomie aux écoles permet justement une meilleure réussite des élèves. – Youri Chassin IEDM

Pour la deuxième partie du mandat de Philippe Couillard, rien n’indique que le gouvernement s’inspirera des conditions qui sont toujours réunies pour que des changements majeurs surviennent.

Hier encore un exemple de « crise politique » qui empêche le fonctionnement normal des opérations apparaissait au grand jour. Toujours autant de ressources et de temps seront perdus à résoudre des conflits qui ont très peu à voir avec l’apprentissage des élèves. Autant de ressources et de temps qui ne servent pas à l’école…

Du pouvoir aux gens proche de l’action, dans les classes et aux conseils d’établissement, c’est ce qu’on recherche…

Pourquoi un ministre qui croyait à ça dur comme fer pendant la période où il agissait comme leader parlementaire et critique en éducation dans une autre formation politique n’est-il pas capable de s’en souvenir ?

La publication de l’IEDM aura au moins le mérite de nous rappeler que les taux de participation faméliques aux élections scolaires ne sont pas disparus avec les projets de loi libéraux de la premières moitié de mandat jetés à la poubelle.

Voici un autre exemple d’un gouvernement qui attend que les problèmes trouvent leur solution par eux-mêmes.

Si le désintérêt total des citoyens pour les commissions scolaires ne parle pas au ministre de l’Éducation, ni à personne dans ce gouvernement, il faudra bientôt commencer à lui trouver un remplaçant.

Je rappelle que les commissions scolaires vont dépenser encore cette année au-delà de 500 millions $ pour leur propre gouverne.

Autant d’argents qui ne va pas être consacrés directement à rendre des services à l’école, dans une période où on réclame à grand cris plus d’investissement là où ça compte !

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