Lisée voulait se faire dire non par Québec solidaire

Note : Ce billet a d’abord été publié au Journal de Québec et au Journal de Montréal dans la section du blogue des «spin doctors».

Lorsque Jean-François Lisée a proposé le 22 août en pleine campagne à la chefferie de présenter une candidature commune (Parti québécois et Québec solidaire) à la partielle dans Verdun, il pensait marquer des points dans son parti. Quand il reprend une autre fois la même proposition deux mois plus tard, non seulement il confirme qu’il a marqué des points, mais cette fois, il chasse en territoire progressiste.

Jean-François Lisée ne fait rien sans raison importante pour le faire.

La probabilité que Québec Solidaire se soit senti interpelé par l’appel à l’union des progressistes la première fois était faible.

Quand la candidate solidaire Véronique Martineau pour les élections partielles à venir dans Verdun a été choisie le 29 septembre, personne n’a été surpris, ni au PQ, ni ailleurs.

Il faut croire qu’en courtisant à nouveau les solidaires, Jean-François Lisée faisait la preuve que la stratégie avait été payante pour lui. Pourquoi refaire le coup sinon ?

La probabilité que, cette fois, QS marche sur la peinture et accepte de présenter une candidature commune avec le PQ était encore plus faible, même si un sondage dont personne n’a pu consulter la méthodologie démontrait que la démarche permettrait «de talonner de près le ou la candidate libérale».

Québec solidaire vient de réaffirmer sa conviction que cette stratégie ne mène nulle part.

Qu’importe cette autre rebuffade, Jean-François Lisée a eu ce qu’il voulait.

L’important était de démontrer que le Parti québécois faisait tout en son possible pour favoriser la fameuse convergence, si chère à Pierre Karl Péladeau.

Le retour de Mme convergence en chef présentait l’occasion idéale pour relancer les solidaires, mais dans les faits, l’objectif consistait à placer le plus de pression possible sur les épaules de QS.

Pas étonnant que la réponse vienne rapidement : les solidaires veulent limiter « les dommages » potentiels.

Dans un billet de blogue récent, Camil Bouchard (partisan du clan Lisée dans la dernière course) mettait en mots le message que veut passer le nouveau chef du PQ aux électeurs de QS : « Acharnés à démoniser le PQ, ils [Québec solidaires] se montrent incapables de faire la différence entre le bien commun dont ils se gargarisent continuellement et leur ambition politique partisane » (source).

En cherchant à faire porter l’odieux du refus de l’unification des progressistes à Québec solidaire, Lisée gagne sur deux fronts.

Il réaffirme sa volonté de porter le Parti québécois vers la gauche et il élargit la base électorale du PQ en courtisant les pragmatiques déçus de QS qui pourraient en avoir marre du sur-place des solidaires.

Évidemment, le risque est bien présent d’envoyer le message que la partielle de Verdun est déjà perdue sans la convergence des progressistes.

Dans les circonstances de ce refus de QS, ce sera beaucoup plus facile après l’élection dans Verdun de placer la chaleur qui viendra avec la défaite sur les épaules des dirigeants solidaires que de devoir expliquer pourquoi même un nouveau chef péquiste n’a pas fait bouger l’électorat vers son parti.

En ce qui me concerne, le refus de choisir une candidate qui aurait pu apporter un peu de compréhension des enjeux du numérique au Parti libéral me porte à souhaiter que la CAQ sorte ragaillardie de toutes ces tribulations dans Verdun.

Les partielles devraient être déclenchées sous peu.

Les jeux de coulisse sont pas mal terminés.

La convergence est à l’eau et le parti Libéral demeure celui qui préfère récompenser ceux qui entretiennent le même système dépassé.

Dans Verdun en particulier, le seul choix possible pour ceux qui veulent sanctionner la mauvaise performance du gouvernement Couillard et son manque de vision est du côté de la Coalition avenir Québec.

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